La Vallée de la Chimie, dans la Métropole de Lyon, se retrouve au cœur d’une vive polémique sur la sécurité des habitants. Malgré des travaux censés renforcer les logements face aux risques d’explosion chimique, beaucoup de résidents doutent encore de leur efficacité, notamment en raison de la contamination par les PFAS. D’après France 3, un mois après l’explosion mortelle de l’usine Elkem, qui a causé la mort de deux personnes et blessé deux autres le 22 décembre 2025, les inquiétudes persistent.
Des règles strictes, mais les habitants n’y croient pas
Les travaux s’inscrivent dans le cadre du Plan de Protection des Risques Technologiques (PPRT) et du programme Secureno’v. Ces dispositifs visent à réduire les risques liés à la proximité d’entreprises classées Seveso, réputées pour leurs activités dangereuses, ce qui soulève des questions sur la gestion des substances dangereuses.
Pour sécuriser les 2 800 logements sociaux des six communes concernées, Lyon Métropole Habitat a investi 7,5 millions d’euros. Malgré cela, les habitants restent sur leurs gardes. Le directeur du patrimoine de Lyon Métropole Habitat, Pierre Ferrier, explique que « l’idée de ces travaux, c’est de vérifier l’état des menuiseries pour qu’elles puissent tenir en cas d’explosion » et de rendre hermétique une pièce du logement.
Pour beaucoup, ce n’est pas suffisant. Ali, habitant du secteur, dit se plaindre de sentir l’air s’infiltrer à côté de sa fenêtre et lâche : « Si demain ça explose, on est foutus. Ce n’est pas une nouvelle fenêtre et une nouvelle porte qui va nous sauver. »
Secureno’v : où on en est
Le programme Secureno’v prend en charge la totalité des travaux nécessaires pour renforcer les logements. Selon Bruno Bernard, président de la Métropole, environ 60% des travaux dans les logements privés ont été réalisés. Il nuance toutefois : « C’est beaucoup plus qu’ailleurs mais c’est encore insuffisant. »
Il encourage les propriétaires n’ayant pas encore lancé les démarches à se renseigner sur le site de la Métropole de Lyon avant la date limite du 31 décembre 2026 pour pouvoir bénéficier des financements. Malgré ces efforts, la méfiance reste forte : une résidente raconte même qu’elle a entendu des installateurs dire que « ça servait à rien », ce qui n’aide pas à apaiser les occupants.
Les mesures techniques pour se protéger
Les rénovations consistent à renforcer les menuiseries, poser des films de protection sur les vitrages et hermétiser une pièce en remplaçant certaines portes et en installant des grilles d’aération obturables. Ces interventions sont qualifiées d' »assez simples à réaliser » par Pierre Ferrier et sont nécessaires pour offrir une protection en cas d’incident grave.
Pourtant, certains se demandent si ces solutions tiennent réellement la route quand il faut faire face à une explosion. L’explosion de l’usine Elkem en décembre a rappelé que la menace était bien réelle. Ainsi, même si les autorités mettent en avant des progrès et appellent à intensifier les mesures de sécurité, les riverains restent fortement préoccupés.




