Quinze ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, un scandale fait grand bruit au Japon. Il porte sur de potentielles falsifications de données en matière de sécurité.
Un scandale dans le domaine du nucléaire au Japon
Au Japon, un nouveau scandale secoue le secteur du nucléaire : l’opérateur d’une centrale a admis avoir falsifié des données de sécurité sismique essentielles pour la reprise d’activité, entraînant l’arrêt du processus d’examen réglementaire. Cette affaire, qui relance de profondes inquiétudes sur l’intégrité des contrôles, survient dans un pays toujours marqué par la catastrophe de Fukushima il y a quinze ans et en quête d’un redémarrage sûr de ses réacteurs.
L’autorité japonaise de régulation nucléaire a annoncé la suspension pure et simple de l’examen de sûreté des réacteurs nos 3 et 4 de la centrale nucléaire de Hamaoka, après avoir découvert des données falsifiées fournies par l’exploitant Chubu Electric Power Co. La centrale de Hamaoka, située dans la préfecture de Shizuoka, dans une zone reconnue pour son risque élevé de séisme majeur, était en procédure d’examen réglementaire pour relancer ses unités à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. Or, la manipulation des données de risque sismique a désormais stoppé net cette procédure.
Falsification avérée : comment les données ont été manipulées
Selon les investigations internes et les éléments fournis par Chubu Electric Power, l’entreprise aurait sélectionné de manière intentionnelle des données sismiques minimisant l’intensité maximale prévue d’un tremblement de terre, dans le but de faciliter l’acceptation par les autorités de régulation. Un lanceur d’alerte avait transmis, dès février 2025, une information à la NRA selon laquelle des données utilisées pour déterminer le « mouvement sismique standard » avaient été manipulées au profit d’une estimation plus favorable, avant que l’entreprise n’en fasse elle-même état devant le régulateur en décembre 2025.
Lors d’une conférence de presse, Kingo Hayashi, président de Chubu Electric, a reconnu que l’entreprise avait peut-être sous-estimé les risques sismiques dans les dossiers remis aux autorités et a présenté des excuses publiques, tout en promettant une enquête indépendante. Face à ces révélations, l’Autorité de régulation nucléaire a non seulement suspendu l’examen des réacteurs nos 3 et 4, mais elle envisage de recommencer l’intégralité du processus d’évaluation ou de le rejeter entièrement, une décision qui pourrait compromettre durablement tout projet de redémarrage pour ces unités.
Le président de la NRA, Shinsuke Yamanaka, a qualifié la falsification de données de violation grave des normes et d’acte compromettant profondément la sûreté nucléaire, soulignant que la responsabilité première des exploitants est d’assurer une sécurité sans faille. Cette crise est apparue alors même que le gouvernement japonais cherche à accélérer le redémarrage des réacteurs afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées et d’atteindre ses objectifs de transition énergétique, même si peu de réacteurs sont encore réellement en activité.
Actuellement, sur les 57 réacteurs commerciaux que comptait le Japon avant Fukushima, seuls 13 sont en service, tandis que 20 restent hors ligne et que 24 autres sont en cours de démantèlement ou définitivement arrêtés, ce qui rend d’autant plus sensibles les enjeux de reprise et de transparence.






