En 2025, alors que la consommation de piles ne cesse d’augmenter (plus d’un milliard de piles alcalines consommées chaque année en France), l’initiative RegenBox prend de l’ampleur. Les piles usagées posent un vrai problème environnemental : souvent jetées alors qu’elles contiennent encore de l’énergie, elles finissent au fond d’un tiroir. Des inventeurs se mobilisent pour proposer des solutions pratiques et moins gaspilleuses.
Des solutions et innovations qui se démarquent
Parmi les nouvelles idées proposées sur RMC, RegenBox se distingue par sa capacité à redonner une seconde vie aux piles à combustible. Ce petit boîtier, vendu 59 €, utilise une technique de régénération par micro‑impulsions électriques pour relancer partiellement les réactions chimiques internes des piles. Même si la tension ne revient pas à 100 %, la capacité récupérée se situe entre 50 % et 80 %, ce qui permet de réutiliser les piles une à trois fois avant leur épuisement final.
Le temps de régénération dépend de l’état de la pile : entre 8 et 48 heures. Des voyants indiquent l’état : vert = prêt à l’emploi, orange = en cours de régénération, rouge = irrécupérable.
D’autres innovations françaises montent également en puissance, comme les batteries écologiques développées par BEFC. BEFC développe des piles en papier, sans métal ni lithium, qui produisent de l’électricité grâce à une réaction chimique déclenchée par une simple goutte d’eau. Elles sont limitées à des usages peu gourmands en énergie, comme les montres ou des tests médicaux.
Et si on se passait des piles ?
L’innovation va plus loin que la régénération. À terme, l’idée est d’abandonner complètement les piles jetables au profit d’énergies renouvelables. Samsung propose des télécommandes à énergie solaire, équipées de mini‑panneaux captant la lumière ambiante et exploitant les ondes du Wi‑Fi, avec une option de recharge USB. Selon les estimations, ce type de dispositif pourrait permettre d’économiser jusqu’à 200 millions de piles sur sept ans.
D’autres appareils utilisent l’énergie solaire ou cinétique : certaines montres se rechargent en plein jour, et le thermomètre Bcool de Baracoda génère de l’énergie par simple secousse.
Ce que ça apporte pour l’environnement et pour l’éducation
Cédric Carles, designer et chercheur en écologie appliquée, est l’initiateur principal du projet RegenBox. Avec une équipe de designers, universitaires et ingénieurs, il s’inspire de méthodes de régénération des années 1980 pour répondre à un enjeu écologique majeur. Les bénéfices pour l’environnement en 2025 sont déjà notables : près de 100 000 piles sauvées, 14,5 tonnes de CO₂ évitées, et 500 000 litres d’eau préservés.
Les objectifs à moyen terme visent encore plus loin : sauver près de 50 millions de piles d’ici 2030, éviter 6 500 tonnes de CO₂ et économiser 250 millions de litres d’eau.
Au‑delà de l’aspect environnemental, RegenBox joue un vrai rôle pédagogique. Le dispositif invite particuliers, écoles, fablabs, collectivités et entreprises à tester l’économie circulaire en participant directement à la régénération des piles. La démarche sensibilise le public et favorise l’implantation de « RegenStations » à travers la France (points de régénération et de collecte).






