Depuis plusieurs mois, le projet d’un nouveau data center au Bourget, en Seine-Saint-Denis, fait monter la contestation. Beaucoup voient ce chantier comme une menace pour l’environnement et pour la qualité de vie dans un département déjà perçu comme saturé et sacrifié. Le rejet se cristallise autour du slogan lancé par les opposants : « Préservons nos enfants, notre air et notre santé ! NON au data center du Bourget ! » relaye le site change.org.
Le data center qui divise au Bourget
Le Bourget est au cœur d’une polémique à cause de l’installation prévue d’un immense data center, qualifié par ses détracteurs de « mastodonte énergétique ». Cette infrastructure, destinée au stockage continu de données numériques, pourrait avoir de lourdes répercussions sur l’environnement local, rapporte Le Parisien. La consommation d’eau nécessaire pour le refroidissement des machines se compte en millions de litres, et l’électricité consommée serait équivalente à celle de milliers de foyers. Les opposants soulignent l’inadéquation de tels besoins énergétiques dans une région déjà touchée par la pollution, les sécheresses et les canicules.
Drancy et La Courneuve partagent aussi cette inquiétude. La Courneuve accueille l’un des plus grands data centers de France ; l’arrivée d’une nouvelle installation autour de ces villes pourrait aggraver la situation, en augmentant la chaleur, le bruit et les émissions de CO₂. En Seine-Saint-Denis, souvent présentée comme un « dépotoir énergétique », l’implantation d’un nouveau « géant industriel numérique » suscite des craintes largement partagées.
Ce que ça change pour la vie locale et la mobilisation
Au-delà des questions environnementales, le projet est accusé de détériorer la qualité de vie des habitants. Les nuisances sonores et thermiques évoquées risquent de peser fortement sur la population. Selon les opposants, les ressources publiques devraient être dirigées vers des besoins plus urgents :
- des moyens pour les écoles,
- des équipements sportifs pour les jeunes,
- des places en EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et
- des structures adaptées pour les personnes handicapées.
Marie-Paule Direur, porte-parole d’un collectif, conteste vigoureusement le projet. Elle dénonce le mépris affiché à l’égard de sa commune et, plus largement, du département. Le sentiment d’exaspération est partagé par de nombreux résidents, convaincus que leur territoire est traité de manière injuste. « On n’est pas la poubelle de l’Île-de-France », clame Marie-Paule Direur.
Pétition, enquête publique et élus qui réagissent
Face au projet, la mobilisation citoyenne s’intensifie. Une pétition en ligne a rassemblé plus de 18 000 signatures, signe d’un rejet massif des habitants. L’enquête publique, qui s’est terminée début novembre, a permis à quelque 300 contributions de s’exprimer, une participation notable relevée par Jean-Marie Baty de l’association environnementale MNLE 93.
Des élus de différents bords politiques se montrent aussi solidaires dans leur refus. Aly Diouara, député (LFI), et Vincent Capo-Canellas, sénateur (UDI), relaient le mécontentement général et s’opposent fermement à l’implantation de ce data center. La question revient souvent : pourquoi toujours la Seine-Saint-Denis ?






