Renault a officiellement annoncé l’arrêt définitif de la commercialisation du Mobilize Duo, un véhicule électrique lancé quelques mois plus tôt à destination des centres-villes européens. Ce retrait soudain révèle un réalignement stratégique de l’entreprise, qui renonce à certaines initiatives jugées peu rentables, malgré un contexte global de développement de la mobilité électrique.
Renault abandonne le Mobilize Duo après moins d’un an
Dès le départ, le Mobilize Duo portait l’ambition de succéder au Twizy, ce micro-véhicule électrique emblématique mais resté marginal. Sa commercialisation avait débuté en avril 2025 dans les concessions Renault. Pourtant, en décembre, le couperet est tombé : « Renault stoppe brutalement la vente du Mobilize Duo quelques mois après son lancement dans les concessions, au printemps dernier plus exactement », a révélé Les Numériques le 14 décembre 2025. Le projet, conduit via la filiale Mobilize, visait à proposer une solution urbaine innovante, plus moderne que son prédécesseur, avec une meilleure protection contre les intempéries et une architecture fermée. Renault espérait concurrencer l’Ami de Citroën, mais les résultats commerciaux ont été décevants.
Toujours selon Les Numériques, la direction de Renault a estimé que « ce véhicule n’atteindrait jamais la rentabilité », justifiant ainsi sa suppression du catalogue. Ce retrait n’est pas isolé : il s’inscrit dans une série de décisions internes destinées à rationaliser les projets de Mobilize Beyond Automotive. Lancée en 2021, cette entité explorait les modèles économiques alternatifs, du véhicule électrique urbain au service d’autopartage. Mais en décembre 2025, Renault choisit de recentrer ses priorités, en abandonnant plusieurs programmes jugés trop coûteux ou inefficaces.
Un marché urbain saturé et des tarifs jugés excessifs
Le Mobilize Duo ambitionnait de séduire les jeunes urbains et les conducteurs sans permis classique. Décliné en deux versions, une limitée à 45 km/h, accessible dès 14 ans avec un permis AM, et une autre à 80 km/h, il se positionnait sur le créneau du véhicule électrique compact, pensé pour la ville. Mais face à la Citroën Ami, bien installée depuis 2020 avec plus de 85 000 unités vendues, le Duo n’a jamais trouvé son public. Le tarif, lui aussi, a pesé lourd dans l’échec. La version d’entrée de gamme s’affichait à 9 990 €, tandis que la déclinaison plus rapide montait à 12 500 €. En comparaison, l’Ami débute à 8 190 €, une différence difficile à justifier malgré un équipement supérieur sur le modèle Renault.
Comme le soulignait Les Numériques, cette stratégie tarifaire peu compétitive a limité l’attrait du Duo. En outre, la configuration du véhicule, deux places en tandem, s’est révélée peu pratique, contrairement à l’agencement côte à côte de son rival. Ce détail, apparemment anodin, a pesé dans la perception client. L’ergonomie jugée contraignante a freiné l’adoption, tout comme le manque de clarté sur les services de recharge et les abonnements associés, qui faisaient partie intégrante de l’offre Mobilize. Dans ce contexte, le Mobilize Duo n’a pas atteint les objectifs fixés. Le segment visé, déjà étroit, ne permettait pas de marge d’erreur. Renault a donc opté pour un retrait rapide, évitant un enlisement financier.
Changement de cap stratégique pour Renault
Ce retrait marque un tournant dans la stratégie du constructeur. D’après Motor1.com, Renault a également mis fin à d’autres programmes liés à Mobilize, notamment les services d’autopartage, victimes eux aussi d’une rentabilité insuffisante. « Renault abandonne les projets Mobilize pour le partage de voitures et les micro‑voitures : faible rentabilité, réseau de recharge limité et stratégie révisée », soulignait le média le 14 décembre 2025. Le recentrage concerne désormais des secteurs jugés plus prometteurs, notamment l’électrification de la gamme classique, les utilitaires et le développement des infrastructures de recharge.
Renault souhaite se repositionner comme un acteur majeur de la transition énergétique, mais via des canaux plus robustes que la micro‑mobilité. À ce titre, Reuters rapportait le 12 décembre 2025 que le groupe « met fin à certaines activités de partage et réduit la voilure sur ses infrastructures de recharge » afin de redonner la priorité aux bénéfices dans un marché difficile. Le message est clair : dans une conjoncture tendue, chaque euro investi doit être optimisé. Cette restructuration a des conséquences sociales : selon Reuters, environ 80 postes sur les 450 que compte la filiale Mobilize sont concernés par cette réorganisation. Des reclassements internes ont été proposés, mais certains départs restent inévitables.





