Nucléaire : la Chine avance dans l’ombre pour devenir la puissance n°1 mondiale

La Chine s’impose rapidement comme le leader du nucléaire mondial, avec 33 réacteurs en construction.

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Nucléaire : la Chine avance dans l’ombre pour devenir la puissance n°1 mondiale
Nucléaire : la Chine avance dans l’ombre pour devenir la puissance n°1 mondiale © L'EnerGeek

L’énergie nucléaire connaît une belle expansion, et la Chine se positionne comme un acteur incontournable sur la scène internationale. Alors que le monde se tourne vers des sources d’énergie plus durables, Pékin a une ambition bien claire : devenir le leader mondial de l’énergie nucléaire d’ici 2030. Cette progression rapide soulève aussi des interrogations sur l’avenir de cette filière.

Le boom du nucléaire chinois

La Chine développe son parc nucléaire à une vitesse impressionnante, avec des projets tels que le mini-réacteur nucléaire. Avec 33 réacteurs en construction, elle cumule près d’autant de projets que le reste du monde réuni, d’après Le Figaro. Si ce rythme se maintient, sa capacité dépassera celle des États-Unis d’ici 2030. En à peine vingt ans, le pays a construit le deuxième plus grand parc de réacteurs nucléaires civils au monde, avec 58 réacteurs en service.

Les installations chinois s’inspirent clairement des modèles américains et français – mais à un coût bien inférieur. En Chine, construire un réacteur coûte moins de cinq euros par watt, alors qu’aux États-Unis, le tarif dépasse quinze euros par watt. Par exemple, la centrale de Vogtle en Géorgie montre bien cette différence : ses deux nouveaux réacteurs ont mis onze ans et coûté 35 milliards d’euros.

Le soutien massif de l’État chinois

Le gouvernement chinois met le paquet pour accélérer cette expansion en apportant un soutien financier important. Les développeurs nucléaires publics bénéficient de prêts garantis par l’État à taux préférentiels, et les opérateurs de réseau électrique doivent acheter une partie de l’électricité produite par ces centrales à des tarifs avantageux. Ce dispositif encourage fortement les entreprises à investir dans le secteur.

Un mandat national visant à développer l’énergie nucléaire vient renforcer cette dynamique. Grâce à ce plan aperçu par Pékin, les entreprises investissent dans des infrastructures locales et forment une main-d’œuvre spécialisée dans l’ingénierie du nucléaire.

Les galères de l’Occident

Pendant que Pékin avance à grands pas, l’Occident semble ralenti dans la construction de nouvelles installations nucléaires, tandis que la Chine progresse aussi dans d’autres domaines comme les turbines éoliennes. Aux États-Unis et en Europe, les projets récents se heurtent à de nombreux retards et à des dépassements importants de budget. L’augmentation des taux d’intérêt et le renforcement des règles de sécurité compliquent encore la donne.

Les entreprises américaines ont essayé de redonner un coup de fouet à leur industrie en lançant le modèle AP1000. Mais les soucis liés aux nouveaux composants ont sérieusement freiné leur progression. Pendant ce temps, la Chine a su tirer les leçons des difficultés rencontrées de l’autre côté de l’Atlantique pour peaufiner ses propres designs.

La stratégie techno de Pékin

La réponse ingénieuse de la Chine ne laisse pas indifférent. En construisant ses propres AP1000 tout en observant de près les problèmes des concurrents, Pékin a pu mettre en place ses chaînes d’approvisionnement nationales. Il a même lancé neuf réacteurs CAP1000 qu’il prévoit de terminer dans cinq ans pour un coût minimum.

Et l’ambition ne s’arrête pas là : Pékin vise à dominer le marché mondial. À ce jour, six réacteurs chinois sont déjà opérationnels au Pakistan, construits par des entreprises chinoises. Par ailleurs, le pays travaille sur le premier réacteur « quatrième génération » refroidi au gaz.

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