Gaz : la Hongrie s’approvisionne chez Engie (mais ne veut pas lâcher Poutine)

La Hongrie a conclu un contrat inédit de gaz naturel liquéfié avec Engie alors que Budapest persiste à défendre son recours au gaz russe. Ce nouvel accord de gaz change la donne en Europe centrale.

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Gaz : la Hongrie s’approvisionne chez Engie (mais ne veut pas lâcher Poutine) © L'EnerGeek

Le 2 octobre 2025, la Hongrie a signé avec le groupe français Engie un contrat de dix ans pour l’achat de gaz naturel liquéfié. Ce contrat de gaz, qui doit entrer en vigueur en 2028 et durer jusqu’en 2038, est le plus long accord de GNL de l’histoire du pays.

La position de Budapest sur le gaz russe et l’ouverture vers Engie

Péter Szijjártó, ministre des Affaires étrangères et du Commerce, l’a rappelé lors de l’annonce du contrat avec Engie : « Ce contrat (…) marque une étape importante pour la sécurité énergétique de la Hongrie ». Ce choix politique confirme que la sécurité énergétique repose avant tout, pour Budapest, sur la multiplication des voies d’approvisionnement.

Le même responsable a précisé que pour son gouvernement, « la diversification ne signifie pas remplacer une relation d’approvisionnement existante et fonctionnelle par une autre », relaye Reuters. L’équilibre recherché est clair : intégrer du gaz issu de nouvelles sources, tout en préservant les flux russes qui transitent notamment par le gazoduc Turkstream. La Hongrie estime que l’ajout d’un contrat de gaz avec Engie permet d’élargir son mix énergétique, sans remettre en cause ses accords historiques. BFMTV confirme cette logique, en précisant que le pays refuse de « renoncer au gaz russe », tout en actant son entrée durable dans le marché du GNL européen.

Ce que contient le contrat Engie–MVM et son impact sur la consommation de gaz

Le contrat est signé entre la société publique hongroise MVM CEEnergy et la filiale Engie Energy Marketing Singapore, détaille Connaissance des Énergies. Les livraisons commenceront en 2028 et s’étaleront sur une décennie, jusqu’en 2038. Elles porteront sur 400 millions de mètres cubes par an, soit 4 milliards de mètres cubes de gaz au total.

Ces volumes représentent environ 5 % de la consommation annuelle hongroise de gaz, qui s’élevait à 8,5 milliards de m³ en. Entre octobre 2023 et septembre 2024, les importations avaient atteint 7,8 milliards de m³. Le contrat avec Engie couvre donc une part non négligeable, mais reste limité par rapport à la dépendance globale de la Hongrie du gaz importé.

L’accord aura donc un effet limité en termes de volume, mais fort en termes de symbole. Il permet à Budapest de dire à Bruxelles qu’elle progresse vers la diversification, tout en rassurant Moscou sur la continuité des relations énergétiques. Le contrat de gaz signé avec Engie marque donc un équilibre politique : il introduit une source alternative crédible de GNL, mais n’efface en rien le rôle central du gaz russe dans le mix hongrois.

La Hongrie ne veut pas que l’Europe se prive de gaz russe

Ce contrat de gaz intervient alors que l’Union européenne discute d’une sortie progressive du gaz russe. Bruxelles souhaite mettre fin à de nouveaux contrats et éteindre les contrats existants à l’horizon 2027–2028. La Hongrie, elle, insiste sur sa souveraineté énergétique et sur le refus de se conformer à une interdiction totale qui pourrait menacer sa sécurité d’approvisionnement.

Pour Engie, la signature s’inscrit dans un mouvement plus large de repositionnement du GNL en Europe. Le groupe français participe déjà à l’acheminement de cargaisons vers plusieurs États membres de l’UE. Le nouvel accord confirme son rôle de fournisseur pivot dans une région marquée par des tensions géopolitiques et des besoins structurels en énergie fossile.

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