Flamanville : la gestion de crise d’EDF sévèrement critiquée par l’ASNR

L’ASNR critique la gestion de crise de l’EPR de Flamanville. EDF jugée insuffisante après un exercice raté sur le site nucléaire arrêté depuis juin 2025.

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Flamanville : la gestion de crise d’EDF sévèrement critiquée par l’ASNR
Flamanville : la gestion de crise d’EDF sévèrement critiquée par l’ASNR © L'EnerGeek

Depuis le 19 juin 2025, l’EPR de Flamanville (Manche) est à l’arrêt en raison d’un problème de soupapes détectées lors des essais de mise en service. Ce nouvel incident fragilise encore un projet déjà marqué par des retards et des surcoûts colossaux. Dans ce contexte, l’ASNR, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, a publié début septembre un rapport accablant qui met en lumière les graves lacunes de EDF en matière de gestion de crise sur ce site stratégique du parc nucléaire français.

Défauts procéduraux révélés par l’exercice du 20 août

Le 20 août 2025, les inspecteurs de l’ASNR ont conduit une inspection inopinée sur le site de Flamanville. L’exercice simulait le déploiement d’un moyen local de crise (MLC), indispensable pour réalimenter des batteries en cas de perte totale d’électricité. L’opération devait notamment tester le remplacement d’un tiroir de tableau électrique, une étape jugée essentielle pour garantir la sûreté en situation d’urgence.

Mais l’épreuve s’est soldée par un échec. EDF n’a pas pu mener à bien le raccordement à blanc de la cellule électrique MLC 005. L’ASNR souligne dans sa lettre officielle que la procédure suivie était imprécise, que les agents ont dû s’interroger à plusieurs reprises sur les gestes à accomplir, et que la formation du personnel apparaît « perfectible ». Cette accumulation de dysfonctionnements met en doute la capacité de l’exploitant à gérer efficacement un incident majeur.

Matériel et moyens de crise : absences et traçabilité

Au-delà des failles procédurales, l’ASNR pointe de sérieux manquements matériels. Plusieurs équipements de crise demandés par les inspecteurs n’ont pas pu être présentés, laissant planer un doute sur leur disponibilité effective. Le rapport fait également état de lacunes dans l’identification, le stockage et la traçabilité des moyens mobiles censés assurer la sécurité du site. Les fichiers de suivi censés attester de la préparation des équipes et de la mise à disposition des équipements ne reflétaient pas une capacité réelle d’intervention en urgence.

Ces constats renforcent l’impression d’une organisation défaillante, loin des standards exigés pour un réacteur nucléaire de nouvelle génération. Pour l’ASNR, citée par Reporterre, « l’organisation de l’EPR de Flamanville concernant la gestion et les moyens de crise apparaît insuffisante », une conclusion rare par sa fermeté.

Implications pour EDF, l’ASNR et la filière énergie

Cette évaluation sévère place EDF dans une position délicate. L’autorité a accordé à l’électricien un mois pour démontrer que ses équipes disposent réellement des moyens matériels et de la formation nécessaires pour affronter une situation d’urgence. Ce délai court souligne l’urgence d’un redressement, alors que la filière nucléaire est appelée à contribuer massivement aux objectifs énergétiques français.

Pour Flamanville, ce nouvel épisode s’ajoute à une longue liste de déconvenues : arrêts imprévus, soupapes défaillantes, retards chroniques et explosion des coûts. Chaque nouvelle critique fragilise davantage la crédibilité industrielle de EDF, déjà ébranlée par les surcoûts du chantier. Dans un contexte économique et énergétique tendu, l’incapacité de l’EPR à entrer en service pèse lourdement sur la stratégie nucléaire nationale, nourrissant les doutes sur la maîtrise technologique des futurs réacteurs.

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