Le MOX est un combustible nucléaire extrêmement dangereux. Une cargaison est actuellement en mer, partie de Cherbourg à destination du Japon. Les associations écologistes dénoncent une prise de risque inconsidérée.
Un combustible nucléaire MOX prend la direction du Japon
Un convoi maritime exceptionnel a quitté Cherbourg le week-end dernier, chargé de combustible nucléaire MOX à destination du Japon. Cette opération, présentée comme une routine industrielle par Orano, relance pourtant les inquiétudes concernant la sécurité maritime et l’usage de ce combustible nucléaire recyclé.
Le départ du neuvième chargement de combustible nucléaire MOX depuis le port de Cherbourg a eu lieu le samedi 6 septembre 2025. Selon Orano, ce combustible recyclé, destiné au Japon, sera livré en novembre. Mais la traversée de plusieurs semaines sur les océans, dans un contexte international tendu, provoque la colère des ONG écologistes, qui dénoncent un risque inacceptable. Sous haute surveillance policière, deux navires spécialisés de la flotte britannique PNTL, le Pacific Heron et le Pacific Egret, ont quitté le port militaire de Cherbourg. Ces bâtiments disposent d’équipements de défense renforcés pour sécuriser le transport du combustible nucléaire.
Ce transport représente le neuvième convoi de combustible nucléaire MOX expédié vers l’archipel nippon depuis le début de la coopération industrielle. Greenpeace, qui suit de près ces cargaisons, dénonce un danger majeur. L’ONG redoute notamment qu’un incident, même improbable, entraîne une contamination radioactive en pleine mer.
Les enjeux industriels et diplomatiques du MOX
Le combustible nucléaire MOX, mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium, est fabriqué en France à partir de matières recyclées issues des réacteurs. Pour Orano, ce flux illustre le savoir-faire européen en matière de gestion énergétique et de valorisation durable des matières fissiles. Le gouvernement japonais, qui mise sur ce type de combustible pour sécuriser une partie de sa production électrique, bénéficie de cette coopération stratégique.
Cependant, les livraisons répétées, malgré les mesures de protection mises en place, alimentent un débat sensible sur la dépendance énergétique et sur la pertinence des fonds publics consacrés à cette filière plutôt qu’aux alternatives renouvelables. De fait, ce choix industriel engage autant la politique énergétique nationale que la responsabilité diplomatique entre la France et le Japon.






