L’examen d’entrée en médecine en Flandre est réputé pour être l’un des concours les plus exigeants du pays. Avec un nombre limité de places dans les facs, cet examen revêt une importance énorme pour de nombreux étudiants qui rêvent d’une carrière en médecine. Cette année, le processus a été marqué par un taux de réussite particulièrement élevé et des allégations de tricherie liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle, ce qui a lancé de vives discussions.
Un taux de réussite en progression
En 2024, le taux de réussite à l’examen d’entrée a atteint 47 %, soit une nette hausse par rapport aux années précédentes. En 2023, seulement 37 % des candidats avaient réussi, et en 2022, ce chiffre était tombé à 19 %. Cette année, sur les 5 544 étudiants qui se sont présentés, 2 600 ont validé leur épreuve. Pourtant, avec seulement 1 700 places disponibles dans les universités, près de 900 étudiants se retrouvent sans possibilité de continuer immédiatement leurs études.
Cette situation a amené certains observateurs à douter de la fiabilité des résultats. Axelle Mpinganzima d’Up2Study a lancé le doute en affirmant : « Ce taux de réussite voudrait dire que les plus de 700 étudiants inscrits cette année étaient tous extrêmement bien préparés et avaient trouvé toutes les réponses. C’est impossible. »
Accusations de tricherie et usage de l’IA
Au même moment, au moins six candidats ont soumis une réclamation officielle auprès du comité d’admission pour contester les résultats. Cinq d’entre eux ont même décidé d’aller jusqu’au tribunal, arguant que des fraudes étaient à l’œuvre, notamment via l’emploi d’intelligences artificielles comme ChatGPT. Trois étudiants avaient déjà été écartés pour avoir eu recours à l’IA lors de l’examen de juillet, et trois autres un mois auparavant.
Le président du jury, Jan Eggermont, a reconnu les difficultés à vérifier que chaque candidat se soit conformé aux règles : « Il y a eu plus de 5 000 participants cette année, et il nous est impossible de contrôler l’historique de recherche de chacun ». Les examens étant organisés en ligne avec du matériel non fourni par le jury, vérifier les paramètres techniques est un vrai casse-tête.
Réactions et perspectives
Face à ces défis, la commission en charge n’a pas encore confirmé ni infirmé ces accusations, mais promet de revoir l’organisation pour sécuriser les prochaines sessions. Jan Eggermont a ajouté que le jury envisageait sérieusement « de faire autrement l’année prochaine » pour éviter toute nouvelle suspicion.
Axelle Mpinganzima a critiqué le choix d’organiser les examens en ligne en mettant en avant la facilité avec laquelle les données numériques peuvent être manipulées : « Les modèles d’IA progressent constamment pour répondre à ce type de questions d’examen ». Elle déplore également l’abandon du système traditionnel sur papier qui existait au Heysel.




