Carburant : ce que cache vraiment la baisse des prix à la pompe

Les prix des carburants en France n’ont jamais été aussi bas depuis quatre ans !

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Carburant : ce que cache vraiment la baisse des prix à la pompe
Carburant : ce que cache vraiment la baisse des prix à la pompe © L'EnerGeek

Les prix du carburant en France chutent nettement et atteignent des niveaux jamais vus depuis quatre ans. Après les sommets de l’été 2022, avec des prix dépassant les 2 € le litre, le gazole est désormais à 1,65 € le litre et le sans-plomb 95 E10 à 1,68 € le litre. Pour pas mal de Français, c’est une bonne nouvelle, d’autant que cela fait baisser le prix d’un plein de plus de 13 euros pour le diesel et de 10 euros pour l’essence.

Un regard sur l’évolution des prix

Même si l’on voit une baisse ces derniers temps, les tarifs restent plus élevés qu’avant la guerre en Ukraine. Autrefois, en 2008 et en décembre 2019, le gazole était à 1,46 € puis à 1,54 € respectivement. Aujourd’hui, un plein de 60 litres de sans-plomb revient à environ 101 euros, contre 108 euros en juillet dernier et 112 euros durant l’été 2022. Pour rappel, lors de l’été 2019, il ne coûtait que 90 euros.

La donne géopolitique et économique

La flambée des prix à l’été 2022 est intervenue avec le début du conflit en Ukraine et la montée des cours des matières premières. Le pétrole brut avait même dépassé les 120 dollars en mars 2022. Depuis, le ralentissement économique mondial a freiné la demande de carburant, poussant les pays producteurs à maintenir un niveau de production élevé pour stabiliser la situation. Une période similaire se rappelle de 2011-2012, marquée par les printemps arabes et les sanctions contre l’Iran.

Le rôle de l’Opep+ et la production pétrolière

La baisse actuelle des tarifs s’explique aussi par une montée de la production menée par l’Opep+, malgré les inquiétudes sur les exportations du Golfe Persique, surtout avec les tensions autour de l’Iran. Le détroit d’Ormuz, qui voit passer environ 20 % du pétrole mondial, reste un passage stratégique. L’augmentation annoncée par l’Opep+ début août pourrait encore jouer sur ces chiffres.

La trajectoire des tarifs

Les prix des carburants suivent généralement ceux du pétrole brut, mais ils ne reviennent jamais vraiment aux niveaux d’avant en raison de l’inflation qui touche la production, la distribution et les taxes. En France, les taxes représentent environ 54 % du prix à la pompe. Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique, estime que « Le prix du pétrole peut encore un petit peu baisser étant donné l’augmentation de la production qui est annoncée par un certain nombre de pays producteurs ». Il n’est donc pas exclu que le sans-plomb 95 se rapproche de 1,50 € le litre avant la fin de l’été.

Ce que ça change pour les diesel

Les voitures diesel consomment globalement moins que les essences, mais leur avantage s’amenuise petit à petit. Par exemple, début août, le gazole était moins cher que le sans-plomb 95 E10 d’environ 3 centimes, alors qu’en 2009 il y avait une différence de 20 centimes qui est tombée à 13 centimes en 2017.

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