Neuralink, la boîte d’implants cérébraux fondée par Elon Musk, franchit un nouveau cap en étendant ses essais cliniques chez l’humain au Royaume-Uni. Ce pas en avant représente une avancée notable pour la technologie des interfaces cerveau-ordinateur en Europe, le Royaume-Uni devenant ainsi le premier pays du coin à mener ce genre d’étude. Le but ? Voir comment la puce N1 de Neuralink peut aider ceux qui souffrent d’une paralysie sévère à contrôler des appareils numériques et physiques juste par la pensée.
Partenariats et objectifs de l’étude
Neuralink bosse de concert avec deux institutions réputées : le University College London Hospitals NHS Foundation Trust et les Newcastle upon Tyne Hospitals. L’étude vise à implanter la puce N1 chez sept participants qui ont perdu une grande partie de leurs mouvements à cause de lésions de la moelle épinière ou de troubles neurologiques, dont la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Cette technologie permettrait aux patients de manier des appareils comme les smartphones et tablettes sans avoir à les toucher.
La puce N1, insérée sous le crâne, se connecte au cerveau via 128 fils ultra-fins qui relient environ 1 000 électrodes. Ces électrodes enregistrent les signaux électriques du cerveau et les traduisent en commandes numériques, ouvrant la voie à des actions comme taper sur un clavier ou déplacer un curseur.
Retour sur les premiers essais et défis
Les premiers essais chez l’humain de Neuralink ont débuté aux États-Unis en 2024, après avoir surmonté des obstacles réglementaires posés par la Food and Drug Administration (FDA) américaine. D’abord rejetée en 2022, l’approbation a été obtenue après que Neuralink ait répondu aux préoccupations sur la sécurité. À ce jour, cinq personnes aux États-Unis, dont Noland Arbaugh, ont reçu avec succès l’implant pour contrôler des appareils par leur esprit.
Cependant, tout n’a pas été une partie de plaisir. Chez Noland Arbaugh, la puce a rencontré un sacré souci : 85 % de ses fils ont perdu la connexion avec le cerveau. Neuralink n’a pas tardé à réagir en mettant à jour son logiciel pour améliorer la lecture des signaux.
Extensions internationales et validations
Au-delà du Royaume-Uni, Neuralink compte aussi lancer des essais au Canada et aux Émirats Arabes Unis. Ces projets bénéficient d’un financement important, l’entreprise ayant levé environ 1,3 milliard de dollars depuis sa création en 2016, dont un récent tour de table ayant rapporté 650 millions de dollars et qui a fait grimper sa valorisation à près de 9 milliards de dollars.
L’essai au Royaume-Uni a reçu le feu vert de l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) et utilisera le robot chirurgical R1 (développé par Neuralink) pour la réalisation des opérations.
Projections et ambitions
Les spécialistes estiment que cette technologie pourrait changer la vie des personnes confrontées à des troubles neurologiques sévères. Le professeur Harith Akram du University College London note que cela représente « une étape majeure dans le développement » des interfaces cerveau-ordinateur, tandis que William Muirhead souligne son engagement pour « des thérapies pionnières ».
Elon Musk imagine aussi un futur où ces implants pourraient apporter des améliorations même aux personnes en bonne santé, évoquant la possibilité d’une véritable symbiose entre l’humain et l’intelligence artificielle (IA). Il rêve d’un monde où ces technologies pourraient restaurer la vision ou même permettre le téléchargement de mémoires.






