Les tensions en mer Rouge : quel impact sur le pétrole mondial ?

Les récentes attaques en mer Rouge bouleversent le marché pétrolier : des prix en hausse et des routes maritimes perturbées.

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Les tensions en mer Rouge : quel impact sur le pétrole mondial ?
Les tensions en mer Rouge : quel impact sur le pétrole mondial ? © L'EnerGeek

Les attaques récentes des rebelles houthis en mer Rouge remettent sur le tapis les craintes concernant le marché mondial du pétrole. Cela se traduit par une hausse des prix et des perturbations possibles dans le transport maritime. On se souvenait qu’après une accalmie temporaire entre Israël et l’Iran, on avait vu un petit apaisement des tensions géopolitiques. Mais avec ces nouvelles agressions dans une zone hyper stratégique, on observe de nouveau une prime géopolitique qui influence directement les tarifs et les routes maritimes.

Attaques en mer Rouge : une menace qui perdure

Les rebelles houthis du Yémen ont récemment redoublé d’efforts en multipliant leurs attaques sur le transport maritime dans la région. Deux navires, le Magic Seas et l’Eternity C, ont été visés et coulés lors de ces opérations. Ces incidents ont causé la mort d’au moins trois personnes, et une douzaine d’autres restent portées disparues. D’après la mission européenne Aspides, la sécurité dans cette zone très fréquentée reste loin d’être assurée.

Ces événements représentent aussi un sérieux risque pour le transport maritime à destination de l’Europe. Comme le précise Barbara Lambrecht de Commerzbank, il est probable que les routes maritimes soient déviées pour esquiver cette zone dangereuse, ce qui pourrait rallonger considérablement les trajets et entraîner des surcoûts logistiques pour les opérateurs pétroliers.

Conséquences sur le marché pétrolier

Les tensions en cours se ressentent déjà sur le marché pétrolier international, en raison des tensions géopolitiques accrues. Par exemple, le baril de Brent de la mer du Nord, livré en septembre, a vu son prix grimper de 2,51 % pour atteindre 68,64 dollars. De même, le West Texas Intermediate pour livraison en août a progressé de 2,82 % et se situe désormais à 66,57 dollars, reflétant la hausse des cours du West Texas Intermediate. Les analystes de JP Morgan expliquent que la pause dans le conflit entre Israël et l’Iran avait permis une certaine stabilité, mais que ces nouvelles attaques ont réintroduit une prime géopolitique bien marquée.

Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu ses prévisions sur la demande mondiale de pétrole. Elle anticipe désormais une hausse plus modeste de 700 000 barils par jour d’ici 2025, ce qui correspond au taux de croissance le plus faible depuis 2009. Cette révision traduit une consommation plus faible dans certains marchés émergents.

Sanctions américaines et échanges internationaux

Dans un climat déjà tendu, les États-Unis prévoient de nouvelles sanctions contre la Russie dès la semaine prochaine. Un projet de loi propose notamment d’imposer des droits de douane très élevés — de 500 % — sur les produits importés de pays qui achètent du pétrole, du gaz ou de l’uranium russes. La Chine et l’Inde devraient être particulièrement concernés par ces mesures, puisque ces deux pays se partagent environ 70 % des approvisionnements russes. Ipek Ozkardeskaya chez Swissquote explique que ces mesures pourraient entraîner des retombées économiques importantes pour ces deux géants asiatiques.

Perspectives à venir pour le marché pétrolier

Malgré ces embûches sur le plan géopolitique et économique, l’offre mondiale de pétrole devrait continuer de progresser, selon l’AIE, en partie grâce à l’augmentation de la production de l’Opep +. Les prévisions indiquent une hausse de 2,1 millions de barils par jour en 2025, pour atteindre un total de 105,1 millions de barils par jour. Cette augmentation sera principalement tirée par les pays hors OPEP+, qui ont décidé de reprendre leur production après avoir annulé leurs dernières réductions en avril dernier.

Le marché physique du pétrole reste pour le moment plus tendu qu’il n’apparaît d’après l’excédent annoncé dans les bilans actuels. Les taux de fonctionnement des raffineries ont été relevés pour suivre une demande estivale en hausse, que ce soit pour les voyageurs ou pour alimenter les centrales électriques.

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