Les récents incendies de grande ampleur en France montrent à quel point les Canadairs sont devenus essentiels dans la lutte contre les feux de forêt. Pourtant, la France explore d’autres solutions pour améliorer l’efficacité de la réponse des pompiers.
La France mise de plus en plus sur les Canadairs… tout en cherchant à les remplacer
Tandis que les premiers incendies estivaux ravagent les pinèdes près de Narbonne et de Marseille, une autre bataille se joue plus discrètement : celle du remplacement des Canadairs. Avec seulement douze unités en service, dont moins de la moitié sont opérationnelles certains jours, la France fait face à une urgence technologique et stratégique. Entre start-up ambitieuses et géants industriels, plusieurs solutions voient le jour pour combler ce vide. Leur nom ? Frégate F-100, FF72 ou A400M. Leur promesse ? Ne plus dépendre des Canadairs pour éteindre nos forêts.
Difficile d’imaginer un été sans ces avions rouges et jaunes fendant le ciel. Et pourtant, les Canadairs, conçus dans les années 1970, arrivent en fin de vie. Le constructeur canadien De Havilland n’a pas produit un seul exemplaire depuis 2015, et sa relance industrielle, bien qu’évoquée, suscite plus de doutes que d’espoirs. En France, l’été 2024 a illustré cette vulnérabilité : certains jours, aucun Canadair n’était disponible. Résultat : la France n’a plus le luxe d’attendre. Trois pistes se dessinent pour leur succession, toutes françaises et toutes ambitieuses.
D’autres options sur la table
La société bordelaise Hynaero mise sur un projet d’envergure : un hydravion amphibie 100 % français, capable d’écoper 10 000 litres d’eau, contre 6 000 pour un Canadair. Le Frégate F-100, encore au stade de prototype, devrait effectuer son premier vol d’essai en 2029. Sa mise en service est espérée pour 2031. L’appareil intégrera des commandes électriques, une avionique moderne et des systèmes de détection d’obstacles. Mais la jeunesse du projet pèse. Malgré une subvention publique de 7 millions d’euros, l’avion ne sera pas opérationnel avant six ans, un délai jugé trop long face à l’urgence climatique.
De son côté, Positive Aviation, une autre société française basée à Toulouse, propose une réponse plus immédiate : le FF72. Ce modèle est une adaptation de l’ATR 72, un avion de transport civil, transformé en bombardier d’eau amphibie. L’objectif ? Utiliser une base existante plutôt que de construire un nouvel appareil. Avec ses réservoirs intégrés sous le fuselage, le FF72 promet un rechargement rapide en vol, un avantage décisif face à l’intensité croissante des incendies. Plus rapide à développer, il pourrait entrer en service dès 2028.
Dernière solution envisagée : l’adaptation de l’avion militaire A400M, conçu par Airbus, en bombardier d’eau. Dès 2022, des tests en Espagne avaient permis de larguer jusqu’à 20 000 litres d’eau, soit trois fois plus qu’un Canadair. Mais le projet reste semé d’embûches. D’une part, l’homologation n’est toujours pas obtenue. D’autre part, l’A400M n’est pas conçu pour les zones escarpées ni pour les virages serrés que nécessitent les missions de lutte contre les incendies. Enfin, l’appareil est la propriété de l’armée de l’air, qui lui réserve d’autres usages stratégiques.






