Le PDG de Mercedes, Ola Källenius, annonçait récemment dans une interview accordée au média Auto Motor und Sport une décision qui tranche radicalement avec les engagements passés du constructeur : « Les thermiques hybrides dureront plus longtemps que prévu ». Mercedes, qui s’était juré d’abandonner toute motorisation à combustion d’ici 2030, infléchit sa trajectoire. Derrière ce revirement, un constat, l’électrique n’a pas tenu ses promesses, du moins, pas dans le haut de gamme.
Mercedes face à son revers : l’électrique ne fait pas recette
La EQS devait être le fleuron de la transition. Présentée comme la « Classe S électrique », elle promettait luxe, technologie de pointe, et autonomie record. Sur le papier, un sans-faute. Dans les concessions, une douche froide. L’ambition zéro émission s’est soldée par un flop, seulement 554 exemplaires écoulés en Allemagne la première année, 2 717 en 2022. Le public visé, une clientèle fortunée, habituée à la Classe S thermique, n’a pas suivi.
L’autonomie réelle, jugée insuffisante pour les longues distances, n’a pas rassuré. Mais au-delà des données techniques, un facteur culturel a joué, le luxe, dans l’imaginaire collectif, rime encore avec puissance et grondement mécanique. Comme le rapporte Frandroid, « beaucoup de dirigeants et de personnalités fortunées ne veulent pas « faire dans l’écologie » par principe, ou craignent que l’électrique ternisse leur image de puissance ».
AMG et le retour du V8 : quand la passion écrase les normes
Chez AMG, la division sportive du groupe, le constat est tout aussi brutal. Les motorisations 4 cylindres hybrides, censées satisfaire aux normes européennes tout en proposant jusqu’à 680 chevaux, ont été boudées. Mercedes a dû réintégrer le V8 dans son catalogue, même s’il est désormais électrifié. Une décision dictée par la demande, non par l’environnement. La clientèle AMG, qui débourse allègrement plus de 100 000 euros pour ses bolides, exige du rugissement, du caractère, de l’émotion.
Chez BMW, on l’avait compris bien plus tôt, les blocs six et huit cylindres n’ont jamais quitté le catalogue. Ce retour montre que dans le segment du luxe, la transition écologique ne se décrète pas. Elle se négocie avec le marché, les habitudes, les fantasmes des consommateurs.
CLA électrique : un espoir de rattrapage… à moindre coût
Après l’humiliation de l’EQS, Mercedes tente une approche plus pragmatique. Exit les véhicules inaccessibles aux masses. La future CLA électrique devient le nouveau fer de lance. Positionnée pour séduire les classes moyennes supérieures, elle promet une autonomie de 792 km (norme WLTP), une recharge express de 325 km en 10 minutes grâce à une architecture 800 volts, et un prix moins élitiste.
Le modèle s’inspire ouvertement de Tesla, qui a conquis le marché en démocratisant l’électrique avec sa Model 3. Mercedes espère répliquer le schéma, après avoir échoué à faire de l’EQS sa « Model S allemande ». Mais l’enthousiasme est mesuré. Ce repositionnement trahit surtout une série de désillusions sur les capacités réelles du haut de gamme électrique à séduire. Il faudra désormais convaincre un public plus large… et plus exigeant sur le rapport prix/prestations.







Tant que les boomers réactionnaires a la tête de Mercedes comme ceux qui dirigent les autres constructeurs Europeens resteront en fonction, l’Europe ne rattrapera pas son retard sur les chinois et s’enfoncer à un peu plus dans le marécage de la faillite annoncée ! Le temps perdu ne se rattrape jamais, en revanche il s’accroît en persistant dans l’erreur.