La situation géopolitique d’aujourd’hui se complique avec la montée des tensions entre Israël et l’Iran, ce qui inquiète pas mal la communauté internationale. La Chine y joue un rôle de premier plan, surtout parce qu’elle est le principal partenaire économique de l’Iran. Téhéran, qui dépend largement de Pékin sur le plan économique, considère ces liens comme un pilier de sa stratégie.
Les enjeux économiques de la relation sino-iranienne
L’économie iranienne s’appuie largement sur ses exportations de pétrole vers la Chine, qui consomme plus de 90% du pétrole brut iranien. Environ 3,5 millions de barils sont produits chaque jour et 1,5 à 1,7 million d’entre eux sont destinés au marché chinois. Pour faciliter cette relation, le pétrole iranien se vend à la Chine avec une décote d’environ 2 dollars par baril. Le transit se fait via l’île de Kharg et est ensuite transbordé au large de la Malaisie.
Les « raffineries théières » chinoises jouent un rôle majeur pour contourner les sanctions américaines qui pèsent sur l’Iran. Bien que la Malaisie apparaisse souvent comme un exportateur important vers la Chine, elle n’est qu’une escale pour le pétrole brut iranien.
Le risque pour la Chine
Si le détroit d’Ormuz se ferme, ce serait un sacré problème pour la Chine, qui en importe une grande partie de son pétrole via ce passage stratégique. Environ 20% de la production mondiale de pétrole passe par Ormuz, dont 84% est destiné à l’Asie. Au premier trimestre 2025, la Chine importait 5,4 millions de barils par jour par ce détroit.
Selon les estimations de Deutsche Bank, une fermeture prolongée pourrait pousser le prix du baril à 124 dollars. Par ailleurs, des manipulations discrètes comme le brouillage des GPS ont déjà engendré une hausse des primes d’assurance maritime de 60%.
Les retombées pour l’Iran
Pour Téhéran, bloquer le détroit d’Ormuz sans alternative pour approvisionner la Chine serait une manœuvre auto-destructrice. TankerTrackers le résume ainsi : « L’Iran ne pourra pas fermer le détroit d’Ormuz sans un plan B pour continuer à approvisionner la Chine. » À cela s’ajoute le risque que ces menaces soient utilisées pour faire grimper les prix du pétrole sur le marché mondial.
Du côté économique, les impact des sanctions américaines sur l’industrie pétrolière mondiale se fait également sentir dans le contexte iranien ; Hojatollah Mirzaei a même parlé d' »un piège colonial du XIXe siècle ». Toute nouvelle irrégularité pourrait donc empirer une situation déjà fragile.
La diplomatie chinoise face aux tensions régionales
Récemment, Pékin a montré ses atouts diplomatiques en facilitant le rétablissement des relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite, en mars 2023, lors d’une rencontre à Pékin. Xi Jinping lui-même a exprimé son inquiétude face aux tensions militaires entre Israël et l’Iran : « L’escalade militaire en cours entre Israël et l’Iran inquiète profondément la Chine ».
De leur côté, les États-Unis, avec Marco Rubio en tête, appellent la Chine à utiliser son influence pour éviter la fermeture du détroit. Rubio déclare d’ailleurs : « J’encourage le gouvernement chinois à les appeler à ce sujet ».
Face à cette situation tendue, on reste attentif pour voir comment Pékin va gérer ces eaux instables tout en préservant ses intérêts stratégiques et économiques dans la région.




