Le rapport annuel de l’Agence de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) vient de paraître. Il pointe une nouvelle fois l’état préoccupant du parc français.
Le parc nucléaire français toujours en alerte
L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a présenté devant l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) son tout premier rapport annuel depuis sa fusion avec l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Ce document très attendu dresse un état des lieux sans concession du parc nucléaire français. Et le constat est sévère : entre vieillissement préoccupant, entreposage au bord de la saturation et démarrage chaotique de l’EPR de Flamanville, les signaux d’alerte se multiplient.
Parmi les cinquante-six réacteurs en service, une large majorité approche, ou a déjà dépassé, les quarante années d’activité. La prolongation de ces équipements au-delà de ce seuil critique est désormais une nécessité stratégique, mais elle soulève d’intenses préoccupations techniques. Selon l’ASNR, cette extension « est un sujet majeur » qui exige des conditions de sûreté renforcées.
L’autorité de contrôle se concentre d’ores et déjà sur l’étape suivante : le cap des cinquante ans pour les réacteurs de 900 mégawatts. Un seuil à la fois symbolique et risqué, que le régulateur devra évaluer d’ici 2026. Parallèlement, une enquête publique a été ouverte le 16 mai 2025 sur la prolongation des vingt réacteurs de 1 300 mégawatts, dont ceux de Flamanville et de Penly.
Entreposage en tension : le spectre de La Hague
Autre motif d’inquiétude : les capacités d’entreposage des combustibles usés. Le site de La Hague, géré par Orano, constitue la plaque tournante du retraitement nucléaire en France. Problème : « La marge actuelle entre ce qui entre, reste et sort du centre de stockage de La Hague demeure très faible. »
L’ASNR rappelle que tout aléa industriel — comme ceux survenus à Marcoule ou dans les évaporateurs corrodés de La Hague — pourrait faire exploser les délais. En cas d’incident, les piscines existantes « seraient saturées en neuf mois », alerte le rapport. Certes, des alternatives comme l’entreposage à sec ou l’augmentation de la densité des combustibles dans les bassins sont envisagées, mais elles ne constituent que des solutions de fortune. Le constat est limpide : sans nouvelle piscine opérationnelle d’ici 2040, la filière risque la paralysie.





Il est étonnant que vous traduisiez/trahissiez les projections d’entretiens et rénovations du parc nucléaire par des « inquiétudes », de « seuil critique »…. alors que dans 60 ans, bien entretenu, nos EPR construit aujourd’hui ronronneront comme des hrologes …. quand on aura changé 3 fois nos éoliennes dans le même temps (d’ailleurs, elles seront abandonnées, comme aux USA, tant elles sont inefficaces et pas recyclables. Elles sont abandonnées sur place, fossiles de mauvais choix anciens)