Le compteur Linky, déployé par Enedis depuis 2015, équipe désormais plus de 95 % des foyers français. Mais à compter du 1er août 2025, les 5 % de ménages restants refusant encore son installation devront s’acquitter d’un surcoût régulier, selon les nouvelles dispositions encadrées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Une évolution réglementaire qui vise à internaliser les coûts liés à la gestion des anciens compteurs, et qui transforme un refus de principe en impact concret sur le budget des consommateurs.
Factures d’électricité : un coût additionnel pour les non-équipés de Linky
Dès cet été, les consommateurs qui n’ont pas encore autorisé l’installation d’un compteur Linky seront soumis à une facturation spécifique. D’après les précisions d’Enedis, ce montant s’élèvera à 6,48 euros tous les deux mois, soit 38,88 euros par an, rappelle Midi Libre. Cette somme est justifiée par la nécessité de maintenir une infrastructure dédiée aux anciens compteurs : relevé manuel, transmission des données, contrôle sur place.
À cela s’ajoute une majoration de 4,14 euros, également bimestrielle, si aucun relevé d’index de consommation n’a été communiqué depuis plus d’un an. Dans ce cas, la facture supplémentaire atteindra 10,62 euros tous les deux mois, ce qui représente un coût annuel de 63,72 euros. En somme, un refus prolongé du compteur Linky entraîne un surcoût sur la facture d’électricité.
Linky : pourquoi ces frais existent-ils ?
Ce terme tarifaire spécifique n’est pas une sanction. Il correspond à des coûts de gestion additionnels supportés par Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, lorsqu’un client conserve un ancien compteur électromécanique. Contrairement au compteur Linky qui transmet les données de consommation à distance, les anciens modèles exigent une intervention humaine : un technicien se déplace pour relever l’index.
Ces coûts, jusqu’alors mutualisés, seront désormais imputés directement aux clients concernés. Ce principe est en accord avec les règles du TURPE 7 (Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité), défini par la CRE, et dont l’objectif est de répartir équitablement les charges de réseau.
Refus d’installation du compteur connecté Linky : une minorité de foyers encore concernés
Selon les données d’Enedis, 37,6 millions de foyers sont désormais équipés d’un compteur Linky. Seuls 5 % des consommateurs, soit environ deux millions de clients, ne sont pas encore concernés. Ces foyers sont pour la plupart situés dans des zones rurales ou parmi les opposants historiques au dispositif. Pour les cas spécifiques où l’installation serait techniquement impossible, les frais supplémentaires ne s’appliqueront pas.
Aucune dispense automatique n’est prévue en cas de déclaration d’électrosensibilité, même si des situations médicales particulières peuvent faire l’objet d’un examen au cas par cas, selon les dispositions réglementaires.
Outre l’évitement de ces frais, le compteur Linky offre plusieurs fonctionnalités utiles aux consommateurs :
- Un suivi détaillé de la consommation en temps réel ;
- L’accès à des offres tarifaires personnalisées proposées par les fournisseurs ;
- La possibilité de moduler la puissance souscrite à distance, sans rendez-vous ;
- Une réduction des délais d’intervention technique.
Grâce à sa connectivité, Linky permet également une facturation plus précise basée sur la consommation réelle, réduisant les estimation imprécises et les régularisations parfois coûteuses.
Il est important de souligner que l’installation du compteur Linky est gratuite. Pour les clients qui souhaitent le faire poser, il suffit de contacter Enedis, soit directement, soit par l’intermédiaire de leur fournisseur d’électricité. L’opération dure en général moins de 30 minutes, sans coût ni interruption prolongée d’alimentation.






