Un continent englouti refait surface sous nos pieds en Europe

Un continent englouti sous l’Europe depuis 140 millions d’années refait surface.

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Découverte fascinante de Greater Adria, le continent perdu sous l'Europe
Un continent englouti refait surface sous nos pieds en Europe © L'EnerGeek

Un continent oublié, enseveli sous l’Europe du Sud depuis environ 140 millions d’années, refait surface dans le monde scientifique. Ce territoire, appelé Greater Adria, nous offre un regard inédit sur les mouvements de la Terre. Même si la majeure partie de ce continent s’est retrouvée submergée – probablement sous forme d’îles ou d’archipels –, sa mise au jour modifie notre lecture de la géologie européenne et mondiale.

Origine et formation de Greater Adria (les débuts mouvementés)

La naissance de Greater Adria remonte à environ 240 millions d’années. Séparé de l’Afrique du Nord il y a plus de 200 millions d’années, ce territoire faisait partie de la plaque tectonique africaine. Pourtant, il ne fut jamais physiquement rattaché au continent africain, un océan ayant servi de barrière. Entre 100 et 120 millions d’années plus tard, Greater Adria heurta le sud de l’Europe et entama, petit à petit, sa descente sous ce dernier.

Cette collision a profondément modifié la configuration des paysages actuels. Les vestiges de Greater Adria sont à l’origine des chaînes de montagnes comme les Alpes et les Apennins. De plus, certaines zones des Balkans, de la Grèce et de la Turquie doivent également leur formation à ce continent englouti. La région méditerranéenne est souvent décrite comme un « désordre géologique ».

Recherche minutieuse pour ranimer un géant endormi

La redécouverte de Greater Adria est le résultat du travail assidu d’une équipe menée par Douwe van Hinsbergen à l’Université d’Utrecht. Pendant dix ans, ces chercheurs ont collecté et analysé des roches issues du continent disparu pour reconstituer son histoire complexe. Grâce à des logiciels de pointe capables de suivre le déplacement des plaques sur des millions d’années (un peu comme remonter le fil d’une grande histoire), ils ont réussi à créer des cartes précises du territoire englouti.

Les résultats surprenants de cette enquête ont été publiés dans le journal Gondwana Research le 3 septembre. L’équipe a su mettre à profit des données sismiques pour reconstituer l’évolution tectonique et a analysé l’orientation de minuscules minéraux magnétiques, modelés par d’anciennes bactéries (ces petits indices donnent une idée des conditions de formation des roches). Van Hinsbergen parle de ce travail de reconstitution comme d »un grand puzzle », où chaque pièce est replacée avec soin après des millénaires de mélange.

Conséquences scientifiques et perspectives à venir

L’étude du continent perdu offre une vision renouvelée sur les forces géologiques qui façonnent notre planète. Elle permet de mieux comprendre des phénomènes tels que la formation des montagnes, le déplacement des plaques tectoniques et la disparition surprenante de vastes portions de lithosphère dans le manteau terrestre. Ces travaux apportent une contribution notable au domaine de la tectonique globale.

Les traces modifiées de Greater Adria ont même été suivies jusqu’à une profondeur impressionnante de 1 500 kilomètres sous la surface grâce à des ondes sismiques (outil qui permet de « voir » à l’intérieur de la Terre). Cette découverte soulève des questions sur l’histoire géologique de la région et son potentiel économique, notamment en matière de ressources minérales comme le lithium. Cette découverte pave la voie à d’autres projets ambitieux : Douwe van Hinsbergen prévoit désormais de partir à la recherche d’autres plaques disparues dans l’océan Pacifique, en espérant revenir sur ses actuelles conclusions dans quelques années.

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