Gaz : l’Europe importe de moins en moins de GNL

Publié le
Lecture : 2 min
gaz-europe-importations-gnl
Gaz : l’Europe importe de moins en moins de GNL © L'EnerGeek

Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe ont chuté de manière spectaculaire en 2024. 

En 2024, la demande de gaz en Europe a atteint son niveau le plus bas depuis 11 ans, entraînant une diminution de 19 % des importations de GNL. Une chute qui intervient alors que la moitié des terminaux de regazéification fonctionne en sous-régime. Pourtant, certaines dépendances persistent, notamment vis-à-vis de la Russie.

La demande de gaz au plus bas en 2024 : un signal fort pour la transition énergétique

En 2024, la consommation de gaz en Europe a reculé à son niveau le plus bas depuis 2013. Cette diminution s’explique par des politiques publiques ambitieuses visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles. L’essor des énergies renouvelables, avec une capacité solaire et éolienne en forte croissance, joue un rôle central dans cette transformation.
Ainsi, les importations européennes de GNL ont chuté de 19 % par rapport à 2023, marquant une inflexion notable dans les besoins en gaz naturel. Selon l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA), cette tendance devrait se poursuivre, avec une stabilisation de la demande à un niveau inférieur aux records de 2022 et 2023.

Les États-Unis restent, en 2024, le principal fournisseur de GNL pour l’Europe, représentant 46 % des importations totales. Toutefois, ces flux ont reculé de 18 % par rapport à 2023. Ce ralentissement résulte d’une moindre demande européenne et de la réorientation de certaines cargaisons vers des marchés asiatiques plus rémunérateurs.
Malgré ce recul, les terminaux américains continuent d’alimenter massivement l’Europe. 

GNL : une dépendance de la Russie persistante malgré les sanctions

Alors que l’UE s’est engagée à réduire sa dépendance énergétique à la Russie d’ici à 2027, les importations de GNL russe ont pourtant augmenté de 18 % en 2024. Cette hausse repose en grande partie sur des achats ponctuels (spot trades), échappant aux contrats de long terme.
La France, l’Espagne et la Belgique concentrent à elles seules 85 % de ces importations. L’IEEFA estime que ces acquisitions ont coûté 6,3 milliards d’euros entre janvier et novembre 2024. 

Depuis 2021, plusieurs pays européens ont investi massivement dans des infrastructures de regazéification pour anticiper d’éventuelles pénuries. Allemagne, Pays-Bas, France ou encore Pologne ont étendu leurs capacités. Pourtant, en 2024, la moitié de ces installations fonctionnaient à moins de 40 % de leur capacité.
Cette sous-utilisation interroge la pertinence de ces investissements, d’autant que la demande de gaz devrait encore diminuer d’ici à 2030. L’IEEFA anticipe un taux d’utilisation moyen de seulement 30 % dans les années à venir. Un avertissement sur les risques de surinvestissement dans des infrastructures fossiles au détriment des énergies renouvelables.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.