À l’approche de 2035, année marquée par l’interdiction prévue des ventes de voitures neuves thermiques dans l’Union européenne, le sentiment des Français vis-à-vis des véhicules électriques devient de plus en plus réticent. Un sondage d’Ifop pour Roole, datant de décembre 2024, dévoilé par La Croix, expose une baisse dans l’intérêt d’acquisition de ces technologies propres.
Le coût de l’usage, un frein majeur
Malgré la satisfaction élevée des utilisateurs actuels de voitures électriques, le grand public reste sceptique quant aux avantages économiques de ces véhicules. Seulement 52 % des sondés croient que recharger une voiture électrique coûte moins cher que de remplir un réservoir d’essence, un contraste frappant avec les 88 % des propriétaires de voitures électriques qui apprécient la réduction des coûts de carburant.
De même, la perception des coûts d’entretien divise les opinions. 45 % des répondants estiment que les voitures électriques nécessitent moins d’entretien que leurs homologues thermiques, une opinion partagée par 88 % des conducteurs électriques. Cette division se répercute également sur les performances perçues, avec une majorité de non-utilisateurs doutant des capacités d’accélération et de confort offertes par les véhicules électriques.
Des réticences au changement
Le sondage révèle une indifférence prédominante (35 %) face à l’achat d’une voiture électrique, accompagnée de sentiments plus négatifs comme l’appréhension (26 %) et le stress (14 %). Cette résistance est accentuée par une connaissance approfondie des véhicules électriques chez une majorité de Français, rendant tout changement d’opinion particulièrement difficile.
L’incertitude des politiques gouvernementales concernant les aides à l’achat et les options de leasing ébranle également la confiance des consommateurs. Le changement constant des incitations économiques a renforcé les freins psychologiques et nourri les idées reçues, limitant ainsi l’adoption généralisée de la voiture électrique.
Le temps de recharge et la disponibilité des bornes, encore des obstacles
Les préoccupations sur le temps de recharge et la fiabilité des bornes de recharge restent des obstacles importants. Pourtant, une amélioration de ces aspects pourrait grandement influencer la décision des consommateurs à passer à l’électrique, surtout avec les récentes avancées dans le maillage des infrastructures de recharge rapide.
Jonathan Tuchbant, directeur général de Roole, souligne que s’adapter à l’électrique signifie aussi adopter de nouvelles habitudes de conduite. Malgré la réticence initiale, un arrêt plus long sur les aires d’autoroute pourrait devenir une nouvelle norme acceptable, contribuant ainsi à une transition écologique réussie.





