Renouvelables : l’AIE prévoit 43 % de l’électricité mondiale en 2031, mais alerte sur les réseaux

Dans son rapport du 6 novembre, l’AIE prévoit une forte progression des énergies renouvelables d’ici 2031. Le solaire domine, tandis que les difficultés de raccordement et de stockage pourraient freiner leur intégration.

Publié le
Lecture : 2 min
B764bf67 Renouvelables 2031 Aie
Renouvelables : l’AIE prévoit 43 % de l’électricité mondiale en 2031, mais alerte sur les réseaux © L'EnerGeek

Les énergies renouvelables devraient fournir 43 % de l’électricité mondiale en 2031, contre 33 % en 2025, selon le rapport Renewables 2026 publié le 6 novembre par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Derrière cette progression, le solaire domine, mais le rythme de déploiement ralentit temporairement en Chine et les réseaux électriques deviennent un facteur déterminant.

Une année 2026 moins dynamique, avant une reprise

L’AIE prévoit une baisse de 11 % des nouvelles capacités renouvelables installées dans le monde en 2026. Cette inflexion mettrait fin à vingt et une années consécutives de records annuels. Elle ne signifie pas un recul du parc existant : les capacités nouvelles resteraient au deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré. La principale explication tient au marché photovoltaïque chinois, où les installations ont chuté de près de 55 % au cours des neuf premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025.

La transition des mécanismes de soutien chinois vers des enchères concurrentielles a pesé sur la rentabilité des projets. L’analyse détaillée de l’AIE estime toutefois que les nouvelles installations mondiales devraient ensuite se redresser, avec une moyenne proche de 800 gigawatts par an sur la période 2026-2031.

Le solaire représente les trois quarts de la croissance

Sur six ans, les capacités renouvelables mondiales augmenteraient de près de 4 800 GW, soit 57 % de plus que durant les six années précédentes. Le photovoltaïque fournirait plus des trois quarts de cette expansion. L’Inde s’imposerait comme le deuxième marché de croissance derrière la Chine, tandis que l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et le Moyen-Orient accéléreraient leurs investissements.

Pour l’Europe, l’AIE anticipe environ 100 GW de capacités renouvelables supplémentaires par an entre 2026 et 2031, un rythme proche de celui de 2025. Elle revoit cependant à la baisse les perspectives du solaire distribué et de l’éolien en mer dans l’Union européenne, tout en relevant celles des grandes centrales photovoltaïques. La France figure parmi les pays où les volumes d’appels d’offres soutiennent cette dernière catégorie, sans que cela constitue une garantie de réalisation de chaque projet.

Le défi des raccordements et de la flexibilité

La croissance des capacités installées ne suffit pas à garantir que toute l’électricité produite pourra être consommée. L’AIE souligne les difficultés de raccordement, les besoins d’interconnexions, de stockage et d’adaptation de la demande. Elle estime que les limitations techniques de production solaire et éolienne, proches de 200 térawattheures dans les principaux marchés en 2025, pourraient dépasser 800 TWh en 2031. Il s’agit d’une projection conditionnelle, non d’une perte déjà constatée.

Le phénomène est particulièrement important pour les marchés européens, où les heures de prix négatifs se multiplient lorsque l’offre dépasse momentanément la demande. Il affecte les recettes des producteurs et renforce l’intérêt économique des batteries, du pilotage de la consommation et des investissements dans les réseaux.

Un objectif mondial encore hors de portée pour 2030

Dans son scénario central, l’AIE prévoit environ 9 710 GW de capacités renouvelables mondiales en 2030, soit 2,6 fois leur niveau de 2022. Ce résultat resterait inférieur à l’objectif de triplement adopté lors de la COP28. Selon l’agence, le seuil ne serait atteint qu’autour de 2032 au rythme actuel, ou en 2031 dans un scénario accéléré intégrant des réformes de raccordement, d’autorisation et de financement.

Ces projections éclairent un enjeu pour les décideurs français et européens : développer la production bas-carbone doit aller de pair avec l’accélération des infrastructures électriques. Le rapport ne prédit pas à lui seul une évolution des factures des ménages français, qui dépendent également des prix de marché, des contrats, des tarifs de réseau et de la fiscalité.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.