Grèce-Chypre : Athènes autorise de nouvelles études pour le câble électrique sous-marin

La Grèce a délivré les autorisations nécessaires à des relevés marins et à des opérations liées au câble du Great Sea Interconnector. Cette avancée administrative relance un projet européen stratégique, sans lever les incertitudes financières et diplomatiques.

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Grèce-Chypre : Athènes autorise de nouvelles études pour le câble électrique sous-marin © L'EnerGeek

La Grèce a franchi une nouvelle étape administrative dans le projet de liaison électrique sous-marine avec Chypre. Le 6 novembre 2026, Athènes a annoncé avoir achevé la procédure d’autorisation des études du fond marin et des opérations de pose de câble liées au Great Sea Interconnector. Cette décision ouvre une possibilité opérationnelle supplémentaire pour une infrastructure stratégique, sans constituer à elle seule le démarrage des travaux en mer.

Des permis pour préparer le tracé sous-marin

Selon les informations communiquées par le ministère grec des Affaires étrangères et rapportées par Reuters le 6 novembre, le fabricant français Nexans, intervenant pour la société de projet, avait sollicité les permis nécessaires. Après avis favorable du comité interministériel compétent pour les recherches marines, le ministre des Affaires étrangères George Gerapetritis a signé l’autorisation. Un navire de recherche a ensuite obtenu un avis NAVTEX destiné aux navigateurs.

Ces démarches sont importantes pour un chantier sous-marin : les relevés permettent de préciser les caractéristiques du fond, les contraintes géologiques et les conditions de déploiement. Elles ne prouvent toutefois ni que les opérations ont déjà été exécutées, ni que le calendrier général de construction est définitivement sécurisé.

Un projet européen qui intéresse aussi deux acteurs français

Le Great Sea Interconnector doit relier la Grèce à Chypre, avec une extension ultérieure envisagée vers Israël. Son coût de référence est estimé à environ 1,9 milliard d’euros. Il vise notamment à raccorder Chypre au système électrique européen et à faciliter les échanges d’électricité. Le gestionnaire grec IPTO, également appelé ADMIE, pilote l’infrastructure.

Le dossier comporte une dimension française concrète. Nexans est chargé du câble, tandis que le groupe d’investissement français Meridiam est entré dans le montage du projet. Dans une communication officielle du 13 août 2026, IPTO rappelait le rôle de Meridiam et les démarches réglementaires relatives à la phase Chypre-Israël. Cette dernière reste distincte de l’autorisation grecque annoncée en novembre.

Pour le système électrique européen, une liaison de ce type permettrait, une fois construite, de faire circuler l’électricité entre des marchés aujourd’hui séparés. Elle pourrait contribuer à la sécurité d’approvisionnement de Chypre et à l’intégration des productions renouvelables, mais ses bénéfices effectifs dépendront de sa réalisation, de ses conditions d’exploitation et des prix de marché.

La diplomatie reste un obstacle majeur

La reprise des procédures techniques intervient dans une Méditerranée orientale marquée par des différends sur les espaces maritimes. La Turquie conteste certaines opérations envisagées dans des zones où les revendications de juridiction se chevauchent. Les autorités grecques soutiennent leur droit à poursuivre le projet. L’octroi des permis ne règle pas ce différend.

Le financement et le calendrier demeurent également des questions centrales. Les autorisations administratives constituent une condition nécessaire pour préparer les travaux, mais elles ne remplacent pas les décisions d’investissement, les accords entre parties ni les conditions de sécurité nécessaires aux campagnes en mer.

Pour les entreprises françaises impliquées, l’annonce apporte un jalon tangible après plusieurs mois d’incertitude. Pour les consommateurs chypriotes, elle ne change pas immédiatement la fourniture d’électricité : la perspective d’une interconnexion effective reste liée à l’avancement du chantier et à sa mise en service future.

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