TotalEnergies : raffinage à plein régime face aux pénuries mondiales

TotalEnergies a porté ses traitements de raffinage à 10% supplémentaires au troisième trimestre 2026, profitant d’une marge record de 33,2 dollars par baril. Les raffineries européennes du groupe fonctionnent à plein régime pour capter les opportunités créées par la raréfaction mondiale des produits raffinés, conséquence directe des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

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TotalEnergies : raffinage à plein régime face aux pénuries mondiales
TotalEnergies : raffinage à plein régime face aux pénuries mondiales © L'EnerGeek

Les raffineries européennes de TotalEnergies fonctionnent à pleine capacité. Le groupe a augmenté de 10 % ses traitements au troisième trimestre 2026, profitant d’une rare opportunité due à la raréfaction mondiale des produits raffinés. Mais comment cette optimisation technique est-elle mise en œuvre, et quelles en sont les limites ?

Le 15 octobre, le géant français a annoncé une performance notable : ses marges de raffinage ont grimpé de 146 %, passant de 13,5 dollars par baril au deuxième trimestre à 33,2 dollars au troisième trimestre. Cette progression reflète un déséquilibre profond entre l’offre et la demande sur les marchés mondiaux.

Les raffineries européennes en mode production maximale

Dans cette conjoncture exceptionnelle, TotalEnergies a intensifié ses opérations de raffinage. Le groupe a augmenté de 10 % le volume de pétrole brut traité, mobilisant toutes ses capacités européennes pour tirer parti des marges élevées.

Cette croissance implique l’ensemble de la chaîne de raffinage : distillation atmosphérique, craquage catalytique, hydrotraitement. Chaque baril supplémentaire nécessite une coordination précise entre les unités de production. Les raffineries de Normandie, d’Anvers et de Leuna atteignent leur capacité maximale, optimisant chaque étape pour transformer le brut en produits finis comme l’essence, le gazole et le kérosène.

Selon Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, les raffineries européennes fonctionnent à plein régime, comparables à des mines d’or en termes de rentabilité. Le taux d’utilisation atteint 95 à 100 % selon les sites, un niveau rarement maintenu sur le long terme. Les équipes techniques maintiennent cette cadence tout en assurant la sûreté des installations.

L’équation de la marge de raffinage décryptée

La marge de raffinage est la différence entre le coût du pétrole brut et le prix de vente des produits raffinés. Contrairement à une idée reçue, les raffineurs ne contrôlent ni l’un ni l’autre, ces prix fluctuant sur des marchés mondiaux influencés par l’offre et la demande.

Le « crack spread » illustre cette différence. Au troisième trimestre 2026, cet indicateur a atteint des sommets : 33,2 dollars par baril pour TotalEnergies, contre une moyenne historique de 8 à 12 dollars. Cette explosion résulte d’une stabilité relative du prix du brut et d’une hausse des produits raffinés. Toutefois, cette marge brute n’inclut pas les coûts, les investissements et la fiscalité.

Les frappes sur les infrastructures énergétiques en Ukraine et au Moyen-Orient ont entraîné une raréfaction des produits raffinés. Ainsi, plusieurs raffineries russes et ukrainiennes ont réduit ou interrompu leur production, tandis que les tensions au Moyen-Orient perturbent les flux logistiques. La demande mondiale stable face à une offre réduite crée un déséquilibre favorable pour les raffineurs opérationnels.

Comparaison sectorielle : Shell et BP dans la même dynamique

TotalEnergies n’est pas seul à bénéficier de cette situation. Shell et BP enregistrent également des marges élevées, indiquant que le phénomène touche l’ensemble du secteur. Ces trois majors européennes exploitent leur proximité géographique avec les marchés de consommation et leurs capacités de raffinage intactes.

La durabilité de cette tendance est incertaine. Les analystes sont partagés : certains prévoient un retour à la normale avec la reconstruction des capacités endommagées, d’autres estiment que les tensions géopolitiques soutiendront des marges élevées pendant plusieurs trimestres. TotalEnergies anticipe une augmentation de deux milliards de dollars de son flux de trésorerie disponible pour le secteur raffinage-chimie au troisième trimestre, soulignant l’ampleur du phénomène.

Défis techniques et limites de capacité

Maintenir un fonctionnement à plein régime présente des risques. Les équipements vieillissent plus vite, les arrêts techniques planifiés doivent être optimisés, et la flexibilité opérationnelle diminue. Certaines raffineries européennes de TotalEnergies, construites dans les années 1960 et 1970, nécessitent une maintenance stricte pour soutenir ce rythme.

De plus, les capacités de stockage atteignent leurs limites. Les produits raffinés doivent être écoulés rapidement, nécessitant une logistique efficace et des débouchés commerciaux immédiats. La coordination avec les marchés de l’aviation et du transport routier est cruciale, d’autant que les prix à la pompe provoquent des tensions politiques.

TotalEnergies publiera ses résultats complets du troisième trimestre le 29 octobre 2026. Les investisseurs examineront comment ces marges exceptionnelles se traduisent financièrement en termes de bénéfices nets, de dividendes et d’investissements futurs. La question reste de savoir comment transformer une opportunité conjoncturelle en avantage stratégique durable.

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