Le groupe chinois Geely a réalisé un test de recharge ultra-rapide sur une berline Lynk & Co 01, l’une de ses marques, qui est passée de 10 % à 80 % de batterie en 5 minutes et 32 secondes. Lors du même essai encadré, le véhicule a atteint 97 % de charge en 8 minutes et 42 secondes.
La batterie de la Lynk & Co 01 affiche une capacité d’environ 95 kWh et une tension nominale de 772,8 volts, ce qui la classe dans les systèmes 800 volts. Pendant l’essai, la puissance de charge a brièvement grimpé à environ 1 100 kW sur une borne rapide exploitée par Zeekr, la marque sœur de Geely.
Sur une station Flash Charging concurrente de BYD, la puissance maximale relevée n’a été que de 430 kW. Ce pic de 1 100 kW reste fugitif et n’a pas été maintenu sur toute la durée de la session.
Une architecture 1 000 volts pour rattraper BYD
Geely développe désormais une nouvelle architecture électrique fonctionnant sous 1 000 volts, voire davantage, selon des informations rapportées par le média CarNewsChina. L’objectif est de ramener le temps de recharge à quelques minutes, avec un seuil précis dans le viseur : passer de 10 % à 80 % en moins de cinq minutes. Le constructeur n’a précisé ni les modèles concernés ni l’échéance de mise en série.
Ce chantier vise à combler un retard sur BYD, dont la Super e-Platform fonctionne déjà en 1 000 volts depuis 2025 et autorise 1 000 kW de puissance. Le rival de Geely équipe déjà ses berlines Han L EV et Tang L EV de cette plateforme.
BYD annonce que sa Han L récupère environ 400 kilomètres d’autonomie en cycle CLTC en cinq minutes ; le constructeur équipe par ailleurs cette berline d’une batterie Blade de nouvelle génération capable de monter jusqu’à 10C. Le fabricant de batteries CATL travaille de son côté sur une deuxième génération de sa batterie Shenxing, donnée pour accepter jusqu’à 1,3 MW et ajouter jusqu’à 520 kilomètres d’autonomie CLTC en cinq minutes.
Sur le réseau, Geely revendiquait en mars 2026 plus de 2 100 bornes Zeekr capables de délivrer jusqu’à 1 500 kW. Le hic, c’est que les voitures actuelles du groupe ne parviennent pas encore à exploiter cette puissance, d’où le développement d’une nouvelle génération de plateformes.
L’architecture 800 volts déployée sur les véhicules électriques actuels de Geely englobe déjà de série la batterie, les moteurs, les contrôleurs, le chargeur et le câblage. Passer au 1 000 volts imposera de repenser l’ensemble de ces composants, et non un seul d’entre eux.
Durant les six premiers mois de 2026, Geely a vendu plus d’un million de véhicules électrifiés, soit près de 57 % de ses ventes totales sur la période. La recharge rapide est devenue un argument de vente central pour les marques chinoises depuis deux ans, le temps passé à la borne restant un frein important à l’achat d’une voiture électrique.
En avril 2026, une batterie CATL avait déjà établi un record en passant de 10 % à 80 % en moins de quatre minutes.
Pour les automobilistes français, ces performances restent théoriques : les bornes capables d’envoyer de telles puissances ne sont pas encore répandues en Europe, où les infrastructures les plus rapides plafonnent autour de 350 kW. BYD prévoit toutefois de déployer 3 000 stations Flash Charge sur le continent d’ici la fin de l’année 2026.
À plus long terme, Geely prévoit de tester ses premiers véhicules à batteries solides à partir de 2027, avec une variante visant une densité énergétique de 500 Wh/kg et plus de 1 000 kilomètres d’autonomie. Le groupe reconnaît lui-même qu’il faudra encore du temps avant que cette technologie soit largement utilisée en production de série.





