Elon Musk avouait que « ça ne s’annonçait pas bien » : onze jours plus tard, le Ship 40 est remorqué intact vers l’île Christmas

24 jours perdu en mer, jugé quasiment condamné par Elon Musk lui-même… et pourtant le Ship 40 flotte toujours. Comment SpaceX compte-t-il ramener ce vaisseau abîmé jusqu’au Texas ?

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Elon Musk avouait que « ça ne s'annonçait pas bien » : onze jours plus tard, le Ship 40 est remorqué intact vers l'île Christmas
Elon Musk avouait que « ça ne s’annonçait pas bien » : onze jours plus tard, le Ship 40 est remorqué intact vers l’île Christmas © L'EnerGeek

SpaceX a annoncé le 18 août 2026 que son équipe de récupération avait réussi à guider le Ship 40 vers un emplacement situé au large de l’île Christmas, territoire australien de l’océan Indien, après environ 24 jours passés en mer.

D’après un article de Space Daily, l’étage supérieur du Starship reste à flot, il n’est ni à quai ni de retour au Texas. Une équipe d’ingénieurs SpaceX doit se rendre sur place pour examiner le vaisseau dans des eaux plus calmes, avant une tentative de retour vers Starbase.

C’est une première pour le programme Starship. Aucun étage supérieur n’était jusqu’ici revenu de l’espace en restant sous forme d’une structure reconnaissable après amerrissage, puis délibérément maîtrisé par une équipe de récupération.

Le Ship 40 avait décollé de Starbase le 24 juillet 2026 en tant qu’étage supérieur du vol d’essai Flight 13. Le test a envoyé l’engin sur une trajectoire suborbitale de classe orbitale, sans compléter un tour de la Terre, mais assez vite et assez haut pour affronter le problème central de tout vaisseau réutilisable : dissiper une vitesse énorme sans être détruit par l’échauffement atmosphérique.

L’amerrissage dans l’océan Indien a été inhabituellement doux. Le Ship 40 est resté à flot en un seul véhicule et a continué à transmettre des données. SpaceX n’avait pourtant pas conçu ce vol pour récupérer l’étage en mer : la valeur technique attendue tenait dans la télémétrie, l’imagerie et les tests réalisés pendant la descente. Le matériel survivant a constitué un bonus imprévu.

Le 7 août 2026, Elon Musk avait pourtant douté du succès de l’opération. « Malheureusement, la récupération du navire ne s’annonce pas bien pour le moment. », avait écrit le patron de SpaceX, alors que des conditions difficiles compliquaient un sauvetage improvisé au large.

Un remorquage que rien n’avait préparé

Onze jours ont séparé ce message pessimiste de l’annonce du 18 août. Pendant cette attente, la perte de l’étage paraissait probable : une fissure sur une section de réservoir, une conduite défaillante ou une période de roulis sévère auraient pu transformer le vaisseau intact en débris avant qu’il n’atteigne un abri.

Une récupération planifiée permet en temps normal de positionner navires, grues et équipages formés à un endroit précis avant l’arrivée du véhicule. Rien de tel ici : le Ship 40 a donné lieu à une opération de sauvetage improvisée après coup, en eaux ouvertes reculées, autour d’un vaisseau jamais conçu pour être remorqué.

Le Starship est décrit comme un cas particulièrement délicat. Pas d’équipage à bord pour passer une ligne, pas de pilotage possible à froid et inactif, pas de coque conventionnelle stable dans les vagues. Ses larges volets ont été pensés pour contrôler un engin en chute, pas pour absorber des jours de contraintes océaniques irrégulières.

Ses réservoirs en acier inoxydable forment de vastes réservoirs sous pression légers, très loin d’une coque renforcée comme celle d’un cargo. Des milliers de tuiles céramiques couvrent en outre le côté exposé au vent, chacune vulnérable aux impacts et à l’abrasion.

Les photographies officielles montrent d’ailleurs un vaisseau abîmé, avec des zones de bouclier thermique érodées ou dépouillées. Une partie de ces dommages remonte sans doute à la rentrée atmosphérique, une autre à l’amerrissage, une autre encore à près de trois semaines et demie de vagues et d’eau salée. Séparer ces causes ne sera pas simple pour les ingénieurs.

Aucune indication publique n’existe selon laquelle SpaceX prévoit de faire revoler le Ship 40. L’objectif du programme reste qu’un étage supérieur revienne se poser sur son site de lancement, soit réceptionné par la tour, subisse une inspection limitée, puis reparte. Un véhicule ayant dérivé puis été remorqué pendant 24 jours ne démontre pas ce type de rotation. L’exposition prolongée à l’eau salée est en outre hostile aux moteurs, aux vannes et à l’électronique.

Le programme Starship compte désormais 13 vols d’essai. Il n’a pas encore réalisé de transfert de propergol orbital, ni réceptionné un étage supérieur à la tour, ni remis en état un vaisseau pour un second lancement. Le Ship 40, lui, continue de flotter au large de l’île Christmas, en attendant que les ingénieurs décident comment le ramener jusqu’au Texas.

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