Oubliez le GPS tel que vous le connaissez : ce signal 100 fois plus puissant capte encore dans un parking souterrain

Un signal cent fois plus puissant que le GPS, précis au centimètre près, capable de fonctionner là où votre smartphone perd tout repère. Xona vient de valider sa technologie en orbite basse. Voici comment elle compte détrôner le GPS classique.

Publié le
Lecture : 2 min
Oubliez le GPS tel que vous le connaissez : ce signal 100 fois plus puissant capte encore dans un parking souterrain
Oubliez le GPS tel que vous le connaissez : ce signal 100 fois plus puissant capte encore dans un parking souterrain © L'EnerGeek

Le satellite Pulsar-0 a rejoint l’orbite basse le 23 juin 2025, propulsé par une fusée Falcon 9 de SpaceX lors de la mission Transporter-14, confirme Les Numériques. Depuis, les essais menés par la start-up californienne Xona Space Systems ont validé une précision de positionnement de 1,5 centimètre et un taux de résistance aux interférences de 95 %.

Installée à Burlingame, en Californie, Xona développe un système de navigation baptisé Pulsar, pensé comme un concurrent du GPS. Sa méthode consiste à rapprocher les satellites du sol : plutôt que de les placer à l’altitude classique du GPS, la jeune entreprise mise sur l’orbite terrestre basse. La constellation Pulsar doit à terme compter 258 satellites, évoluant à environ 1 000 kilomètres d’altitude.

Cette proximité change la donne technique. Les satellites GPS orbitent à plus de 20 000 kilomètres, ce qui rend leur signal si faible qu’un simple brouilleur de quelques watts suffit à l’écraser. Un smartphone perd d’ailleurs sa localisation dès qu’il entre dans un parking souterrain. À 1 000 kilomètres, la puissance du signal reçu au sol est cent fois supérieure à celle du GPS classique, un gain mécanique lié à la proximité des satellites.

Pulsar émet dans les bandes de fréquences L1 et L5, voisines de celles des systèmes GNSS déjà en circulation. Une grande partie des récepteurs actuels pourront donc capter ses signaux après une simple mise à jour du micrologiciel. Une couche cryptographique authentifie par ailleurs chaque signal émis, pour bloquer les tentatives de leurrage. L’Europe, elle, a déjà réduit sa dépendance au GPS classique en déployant Galileo et sa couche en orbite basse, nommée Celeste.

170 millions de dollars levés, six satellites attendus avant fin 2026

En mars 2026, Xona a bouclé une levée de fonds de série C de 170 millions de dollars, sursouscrite. Au même moment, l’US Space Force a signé un accord STRATFI, injectant 20 millions de dollars de fonds fédéraux et 30 millions de dollars de capitaux privés dans le projet.

Six satellites supplémentaires doivent être lancés avant la fin de l’année 2026 pour ouvrir une phase bêta. Un lancement commercial est visé pour 2027. Xona a par ailleurs ouvert une usine de fabrication de vaisseaux spatiaux dédiée et accroît ses investissements dans l’intégration verticale. Xona a indiqué que le défi à relever était de construire et de déployer sa constellation de plus de 250 satellites qui alimenterait l’avenir de la technologie partout sur Terre.

L’entreprise a lancé un programme de certification, Pulsar Verified, destiné à labelliser les récepteurs compatibles avec son système. Elle a également conclu des partenariats avec des fabricants de puces GNSS pour accélérer la transition vers la navigation en orbite basse, en s’appuyant sur les circuits de distribution déjà utilisés par les consommateurs d’équipements GNSS.

Dans un premier temps, les usages ciblés restent surtout professionnels : conduite autonome, agriculture de précision et défense. Le système n’est pas encore un service grand public. Reste que sa capacité à fonctionner au cœur des immeubles, dans les parkings souterrains ou au rez-de-chaussée des centres commerciaux, là où le GPS décroche totalement, ouvre la voie à des usages de navigation intérieure et de réalité augmentée plus précis que ce que le GPS permet.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.