Le 9 février 2026, le Japon a marqué un tournant majeur dans sa politique énergétique. Dans le centre-ouest du pays, la plus grande centrale nucléaire du monde a vu l’un de ses réacteurs, à l’arrêt depuis l’accident de Fukushima en 2011, être relancé avec succès. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le pays pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et réduire sa dépendance aux énergies fossiles, un défi majeur pour un archipel pauvre en ressources naturelles.
Un redémarrage attendu et controversé
La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, s’étendant sur 400 hectares le long de la côte de la mer du Japon, a été le théâtre d’un événement historique. Malgré une première tentative avortée en janvier due à un dysfonctionnement d’alarme, les opérateurs de Tokyo Electric Power Company (Tepco) ont réussi à remettre en service le réacteur N°6. « À 14H00, nous avons procédé au retrait des barres de contrôle du réacteur N°6, mettant ainsi le réacteur en marche », a déclaré Tepco, soulignant l’importance de ce redémarrage pour l’opérateur, également responsable de la centrale de Fukushima Daiichi.Cependant, cette initiative n’est pas sans susciter des débats. L’opinion publique dans la région entourant la centrale est profondément divisée, avec environ 60% des habitants exprimant leur opposition au redémarrage, selon une enquête menée par le département de Niigata. La sécurité des installations et le spectre de Fukushima restent gravés dans les mémoires, alimentant les craintes et les controverses autour du nucléaire.
Une stratégie énergétique tournée vers l’avenir
La relance de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa s’inscrit dans une vision plus large de la politique énergétique japonaise. Confronté à la nécessité de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de diminuer sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles importés, le Japon voit dans le nucléaire une solution viable pour sécuriser son approvisionnement énergétique et atteindre ses objectifs de neutralité carbone.Le charbon et le GNL importés représentant les deux tiers de sa production d’électricité, le Japon est dans une position délicate. La transition énergétique est donc une priorité absolue pour le pays, qui cherche à diversifier ses sources d’énergie tout en garantissant la sécurité et la stabilité de son réseau électrique. La relance du nucléaire, malgré les défis et les controverses qu’elle suscite, est un élément clé de cette stratégie.






