L’Allemagne face à un paradoxe énergétique : le retour forcé au gaz et au nucléaire français

En 2025, l’Allemagne voit son mix énergétique évoluer : le solaire s’envole, tandis que l’éolien stagne.

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L’Allemagne face à un paradoxe énergétique : le retour forcé au gaz et au nucléaire français
L’Allemagne face à un paradoxe énergétique : le retour forcé au gaz et au nucléaire français © L'EnerGeek

L’Allemagne, souvent vue comme un pionnier des énergies renouvelables en Europe, a connu en 2025 une transition énergétique faite de hauts et de bas. Le solaire a bien progressé, mais le mix électrique a ralenti, surtout à cause de conditions météorologiques peu favorables pour l’éolien. Tout cela se déroule alors que la politique énergétique évolue, avec des choix stratégiques pour atteindre des objectifs ambitieux tout en préparant la sortie du charbon.

La situation aujourd’hui et la politique énergétique

Selon le bilan annuel du régulateur allemand de l’énergie, relayé par BFMTV, les énergies renouvelables représentent désormais 58,8 % du mix électrique. Ce chiffre marque une légère hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à 2024. En regardant plus loin, la progression depuis 2021 (où les renouvelables atteignaient 43 %) reste notable. L’objectif fixé est d’atteindre 80 % d’énergies vertes d’ici 2030. Parallèlement, la sortie complète du charbon est programmée pour 2038, avec la construction prévue de 20 GW de centrales à gaz pour compenser cette transition.

La nouvelle coalition au pouvoir, dirigée par le chancelier Friedrich Merz, soutient activement la construction de ces centrales à gaz. Ce choix politique, accompagné de promesses de réduction des subventions aux énergies vertes, témoigne d’une volonté de rendre la politique énergétique plus flexible, tout en maintenant les objectifs climatiques nationaux.

Ce qui se passe par filière : éolien, solaire et autres

En 2025, l’éolien demeure la première source d’énergie renouvelable en Allemagne, malgré une baisse de 1,7 point, représentant 30,3 % de l’électricité totale produite (contre 32 % en 2024). Cette diminution s’explique principalement par un vent faible au premier semestre de l’année, comme l’a expliqué Konstantin Zerger de l’ONG environnementale Deutsche Umwelthilfe (DUH). « Des conditions météorologiques défavorables se reflètent largement dans ces chiffres », a-t-il ajouté.

Le photovoltaïque (solaire) a connu la plus forte progression en 2025 : sa part est passée de 14,7 % à 16,9 %, soutenue par une augmentation des capacités d’environ 10 GW et par un ensoleillement supérieur à la moyenne au printemps et en été. La Fédération du secteur photovoltaïque (BSW) insiste sur l’importance de maintenir un cadre réglementaire stable pour soutenir cette croissance dynamique.

Le gaz a aussi vu sa part augmenter en 2025, même si le chiffre exact n’est pas précisé. Son soutien politique vise à compenser le retrait progressif du charbon. Par ailleurs, la houille (une forme de charbon) a enregistré une hausse de sa contribution en 2025, là encore sans que le chiffre exact soit déterminé.

Échanges d’électricité et commerce transfrontalier

L’Allemagne est restée importatrice nette d’électricité en 2025, recevant notamment 26,2 TWh d’électricité nucléaire française, contre 15,7 TWh importés en 2024. Cette dépendance s’explique par des déficits de capacité domestique, des fermetures de centrales nucléaires et une demande en électricité en hausse, mettant en lumière les défis de la stabilité énergétique.

Avant la crise énergétique post-2021, l’Allemagne oscillait entre des périodes d’exportation nette et des situations relativement équilibrées avec la France. Les évolutions récentes du marché intérieur, combinées à des efforts pour maintenir des prix de l’électricité bas, ont modifié cette donne.

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