Un exploit technique a été dévoilé à Cadarache, dans le sud de la France, et il fait déjà beaucoup parler. Le Central Solenoid, un énorme solénoïde au cœur du projet Iter, pourrait bien changer la façon dont on produit de l’énergie. Cet aimant supraconducteur est tellement puissant qu’on dit qu’il peut soulever un porte‑avions, mais son rôle principal est de piloter la fusion nucléaire sur Terre.
Un projet qui mise gros sur l’innovation
C’est à Cadarache, dans les Bouches‑du‑Rhône, que le projet Iter a installé son site. Là se trouve l’un des dispositifs électromagnétiques les plus impressionnants jamais construits : le Central Solenoid. Cet aimant, long de 18 mètres et pesant 1 000 tonnes, est enfoui à quelques mètres sous la surface et semble tout droit sorti d’un film de science‑fiction.
Il est capable de produire un champ magnétique de 13 tesla, soit 280 000 fois plus puissant que le champ magnétique terrestre, explique Futura Sciences. Sa mission est de lancer et de maintenir un plasma à des températures supérieures à celles du noyau solaire à l’intérieur du tokamak (une enceinte toroïdale, en forme d’anneau, conçue pour la fusion). L’objectif : reproduire la fusion nucléaire des étoiles pour obtenir une énergie plus propre et pratiquement inépuisable.
Les obstacles technologiques à surmonter
Le chemin vers la maîtrise de la fusion n’est pas sans embûches. Il faut gérer des forces électromagnétiques gigantesques, stabiliser un plasma à des températures extrêmes et conserver la supraconductivité du solénoïde en le maintenant à des températures très basses. Chaque module de l’aimant, pesant autant qu’un avion commercial, a dû être assemblé au millimètre près, ce qui montre à quel point le projet est complexe.
Dans cet environnement de haute technologie, tout doit marcher en parfaite synchronisation. L’aventure mobilise des spécialistes de multiples disciplines et des ressources venues de dizaines de pays partenaires, preuve du caractère très collaboratif du projet.
Une coopération internationale qui dépasse les tensions politiques
Le projet Iter réunit 35 nations et les modules ont été fabriqués par General Atomics aux États‑Unis, ce qui montre que la recherche peut franchir les frontières. Pietro Barabaschi, directeur général d’Iter, le dit clairement : « Ce projet montre que, malgré les tensions politiques, on peut encore construire ensemble quelque chose de positif pour l’humanité ».
Si tout fonctionne, la fusion pourrait transformer la production d’énergie mondiale dans la seconde moitié de ce siècle. Elle offrirait la possibilité de se détourner des combustibles fossiles, de réduire la pollution atmosphérique et de fournir une source d’énergie pratiquement inépuisable, ce qui modifierait les équilibres géopolitiques en libérant les nations de leur dépendance énergétique actuelle.






