Le 24 novembre 2025, TotalEnergies a confirmé étudier la vente d’une partie de sa participation dans Adani Green Energy Limited. Le groupe français détient près de 19 % du capital du champion indien des énergies renouvelables, mais cherche aujourd’hui à optimiser son portefeuille après une forte valorisation de cet actif solaire. Cette décision intervient à un moment où TotalEnergies réévalue ses priorités géographiques afin de consolider son plan mondial de développement bas-carbone.
Un désengagement partiel inscrit dans une stratégie de focalisation
Le groupe français reconnaît désormais qu’il veut concentrer ses ressources sur les géographies où il peut déployer une stratégie intégrée, de la production à la commercialisation. Patrick Pouyanné a indiqué que TotalEnergies « concentre sa stratégie sur quelques grands marchés clés en Europe, aux États-Unis et au Brésil, et rationalise ses activités renouvelables en dehors de ces trois marchés ». Cette clarification marque un tournant dans la gestion des actifs solaires éloignés des zones industrielles proches des activités gazières, électriques ou d’hydrogène du groupe.
L’investissement initial du groupe dans Adani Green Energy date de 2021, lorsqu’il avait injecté près de 2,5 milliards de dollars dans le portefeuille solaire indien. Depuis, la valeur de cette participation a atteint environ 8 milliards de dollars, traduisant une croissance spectaculaire du marché solaire indien. Cette revalorisation explique pourquoi TotalEnergies souhaite sécuriser une partie des gains, alors que le groupe renforce simultanément ses investissements dans les renouvelables au Brésil et dans les batteries et réseaux solaires aux États-Unis.
Un ajustement financier pour soutenir les futures capacités renouvelables
La vente du capital d’AGEL pourrait rapporter près de 1,14 milliard de dollars, selon les estimations publiées par la presse économique indienne. Ces ressources financières sont essentielles pour accompagner la montée en puissance de la production solaire et éolienne dans les marchés où TotalEnergies souhaite atteindre une taille critique. Le groupe, qui vise à figurer parmi les cinq plus grands producteurs d’électricité renouvelable mondiaux, privilégie une allocation sélective de son capital pour renforcer ses hubs offshore, ses parcs solaires industriels et ses projets d’hydrogène bas-carbone.
Ce rééquilibrage s’inscrit également dans une logique de stabilité de portefeuille. En réduisant légèrement son exposition au marché indien, plus volatil, TotalEnergies anticipe des cycles électriques et financiers différents de ceux des marchés occidentaux. La cession partielle répond donc à la fois à une logique industrielle, financière et géopolitique.
Les implications sectorielles pour Adani Green Energy et le solaire indien
Adani Green Energy demeure l’un des plus grands développeurs solaires du monde, et le premier producteur photovoltaïque indien. Sa stratégie reste focalisée sur les grandes fermes solaires, le stockage massif et un déploiement rapide d’actifs à bas coût. La sortie partielle de TotalEnergies ne remet pas en cause la coentreprise paritaire créée en 2023 entre les deux groupes, toujours active dans le développement des projets solaires indiens.
Les observateurs indiens soulignent que cette cession a avant tout une portée financière. La perte d’une fraction de l’actionnariat français n’affecte ni les capacités opérationnelles ni les projets en cours. Toutefois, ce désengagement relatif d’un acteur énergétique mondial est perçu comme un signal de prudence, dans un marché où la valorisation des acteurs solaires évolue rapidement.
Un marché solaire indien toujours attractif mais plus sélectif
L’Inde demeure l’un des marchés solaires les plus prometteurs au monde, portée par une demande électrique en forte expansion et une politique gouvernementale favorable à l’essor des renouvelables. Adani Green Energy se trouve au cœur de cette dynamique, avec une croissance rapide de ses capacités. La valorisation du groupe a explosé ces dernières années, attirant investisseurs et partenaires technologiques.
Mais cette croissance s’accompagne de défis : volatilité financière, dépendance aux chaînes d’approvisionnement asiatiques, pression sur les coûts et besoin massif de capital pour soutenir les expansions. Dans ce contexte, TotalEnergies ajuste son niveau d’exposition tout en préservant ses positions industrielles clés. Ce mouvement confirme une tendance croissante chez les majors : investir de façon ciblée dans les marchés à fort potentiel, tout en sécurisant les retours financiers issus des actifs ayant déjà fortement gagné en valeur.






