L’EPR de Flamanville est en fonctionnement depuis plusieurs mois. Le démarrage se fait progressivement. EDF annonce que, pour la première fois, il vient d’atteindre 80 % de sa puissance.
L’EPR de Flamanville monte en puissance
Mis en route en 2024, l’EPR de Flamanville continue de gravir les paliers de puissance sous étroite surveillance. EDF a annoncé que le réacteur avait atteint 80 % de sa puissance maximale, soit environ 1 300 mégawatts, sur les 1 650 MW prévus à terme.
Cette progression confirme la stabilité du fonctionnement du réacteur de troisième génération, présenté depuis deux décennies comme la vitrine du savoir-faire nucléaire français. Selon EDF, le palier des 80 % de puissance marque « la dernière phase avant la pleine puissance », prévue dans les prochains mois. « L’objectif est de vérifier le comportement de l’ensemble des systèmes à haut régime avant d’autoriser la montée à 100 % », a précisé l’entreprise publique dans un communiqué.
Cette étape confirme la fiabilité du cœur du réacteur, après une série de tests menés depuis l’été. À ce stade, plus de 8 000 mesures de performance ont été réalisées, selon EDF, afin de s’assurer du bon fonctionnement des circuits primaires et secondaires. L’EPR, rappelons-le, est conçu pour produire 13 milliards de kilowattheures par an, soit l’équivalent de la consommation de 1,5 million de foyers.
EDF estime que le réacteur atteindra sa puissance nominale de 1 650 MW d’ici février 2026, sous réserve d’une validation complète de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Celle-ci poursuit en parallèle ses vérifications sur plusieurs composants, notamment les soupapes de sûreté et les capteurs de température.
EDF prépare un arrêt complet de l’EPR en 2026
Mais cette montée en puissance ne signifie pas une exploitation continue : en effet, l’EPR de Flamanville sera arrêté pendant un an à partir de septembre 2026. L’objectif : mener une révision complète du réacteur après ses premiers mois de fonctionnement à pleine charge.
Selon le groupe, cette « première grande visite » permettra d’inspecter l’intégralité du circuit primaire, de remplacer plusieurs joints et de vérifier le comportement des matériaux après exposition prolongée au flux neutronique. « C’est une phase normale pour un réacteur de ce type », a précisé EDF, rappelant que chaque EPR doit subir une inspection majeure après un cycle de production initial.
Cet arrêt programmé ne remet pas en cause le calendrier global d’exploitation. EDF envisage une mise en service commerciale définitive dès fin 2027, une fois la phase de maintenance achevée. Le groupe espère alors bénéficier d’un retour d’expérience précieux pour les futurs projets EPR2 prévus à Penly et Gravelines.






