À en croire le rapport « Global Cooling Watch 2025 » publié par le Programme des Nations unies pour l’Environnement (UNEP) le 11 novembre 2025, si les tendances actuelles se maintiennent, la capacité mondiale des installations de refroidissement pourrait passer de 22 térawatts (TW) en 2022 à 68 TW en 2050.
Climatisation : une pression croissante sur les réseaux électriques
La climatisation devrait poursuivre sa marche à travers le monde. Si le rythme d’installation actuel se perpétue, d’ici 20250 la capacité installée de ces appareils atteindra 68 TW, contre 22 TW aujourd’hui, peut-on lire dans le rapport « Global Cooling Watch 2025 » publié par le Programme des Nations unies pour l’Environnement (UNEP). Quant aux émissions occasionnées, elles atteindraient 7,2 milliards de tonnes de CO₂éq.
La montée en charge de la climatisation n’est pas uniquement un défi climatique : elle s’avère être un défi pour la gestion des infrastructures énergétiques. Le rapport précise que « la demande croissante en climatisation met à rude épreuve les réseaux électriques, transformant la résilience du réseau en un enjeu de santé publique ».
Refroidissement : une bonne conception du bâtiment permettrait d’économiser jusqu’à 17.000 milliards de dollars
Mais, fort heureusement, les climatiseurs ne constituent pas l’unique solution de refroidissement. Si plusieurs solutions alternatives sont mises en oeuvre (bonne conception du bâtiment, matériaux, ventilation etc.), jusqu’à 17.000 milliards de dollars de coûts énergétiques, ainsi que jusqu’à 26.000 milliards de dollars d’investissements dans les réseaux électriques pourraient être évités d’ici 2050.
Dans cette trajectoire alternative (« Sustainable Cooling Pathway »), les émissions du secteur seraient ramenées à environ 2,6 Gt CO₂e en 2050, soit une réduction d’environ 64% par rapport au scénario de référence. En plus, dans l’hypothèse où l’électricité alimentant ces systèmes était décarbonée, la réduction pourrait atteindre 97%.
Pour un secteur électrique déjà soumis à des contraintes croissantes, cela signifie plusieurs défis :
– anticiper un bond de la demande d’électricité liée au refroidissement dans les deux prochaines décennies ;
– adapter les réseaux, prévoir des pics de consommation associés aux canicules ou aux forts besoins de refroidissement ;
– encourager des stratégies où la demande est maîtrisée, plutôt que d’augmenter l’offre.
Nous ne pouvons pas résoudre la crise climatique par la climatisation, rappelle l’UNEP
Pour les gestionnaires d’infrastructures, les fabricants d’équipements et les décideurs publics, les enseignements techniques et stratégiques sont nombreux. D’abord, la forte croissance annoncée de la capacité mondiale (passant de 22 TW à 68 TW) traduit une pression accrue sur la consommation électrique et les réseaux. Ensuite, la priorité doit être donnée à des approches « sobres en énergie » plutôt qu’à une multiplication sans fin de systèmes de climatisation traditionnels. En effet, l’UNEP rappelle que la vérité économique est implacable : « Nous ne pouvons pas résoudre la crise climatique par la climatisation, car cela augmenterait les émissions de gaz à effet de serre et ferait grimper les coûts ».
Sur le plan opérationnel, cela implique d’intégrer dans les schémas énergétiques :
– la révision des codes du bâtiment pour favoriser les mesures passives (isolation, orientation, matériaux réfléchissants) ;
– l’usage de technologies hybrides ou à faible consommation pour la climatisation ;
– la planification de la gestion des pics de demande, notamment par des systèmes de gestion de l’énergie ou par la réduction de la charge au moment des canicules ;
– et la coopération entre urbanisme, énergie et climat pour que le besoin de refroidissement soit couvert sans surconsommation.






