L’Espagne touchée par de nouvelles fluctuations électriques

L’Espagne tremble toujours. Son réseau électrique vient de subir de nouvelles tensions, ravivant le spectre d’un black-out.

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L’Espagne touchée par de nouvelles fluctuations électriques © L'EnerGeek

Quelques mois après le black-out le plus important de toute son histoire, l’Espagne est à nouveau touchée par des fluctuations électriques. A priori, aucun risque de nouvelle panne de grande ampleur.


L’Espagne a encore des problèmes électriques


Depuis le début du mois d’octobre, de nouvelles fluctuations de tension frappent le réseau électrique espagnol, ravivant le spectre d’une panne majeure. Alors que le pays peine encore à tirer les leçons du black-out historique du 28 avril 2025, les autorités et les opérateurs lancent de nouvelles alertes : l’Espagne pourrait être confrontée à une instabilité du système sans mesures urgentes et coordonnées.


Déjà confronté en avril à la plus grave panne électrique d’Europe depuis vingt ans, privant plus de 60 millions de personnes d’électricité, le réseau espagnol présente de nouveaux signaux d’alerte. Ces dernières semaines, l’opérateur historique Red Eléctrica de España (REE) a détecté des variations brusques de tension sur l’ensemble du système électrique péninsulaire, qui, bien que toujours dans les marges réglementaires, peuvent provoquer des déconnexions automatiques de production ou de consommation.


Selon la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC), ces fluctuations, observées depuis la fin septembre, sont « susceptibles de déstabiliser l’ensemble du réseau » si elles ne sont pas contenues rapidement. La situation inquiète au plus haut niveau : les autorités craignent qu’un phénomène similaire à la catastrophe d’avril ne se reproduise, malgré les efforts de renforcement du système mis en place depuis cinq mois.


Causes identifiées des dépassements : entre renouvelables et sous-équipement


Le constat est sans équivoque : plusieurs facteurs interconnectés fragilisent aujourd’hui la stabilité du réseau. Tout d’abord, l’explosion des installations photovoltaïques et éoliennes a bouleversé l’équilibre offre-demande. En période d’ensoleillement intense, la production dépasse largement les besoins et entraîne des hausses de tension soudaines, provoquant l’injection subite ou la suppression rapide d’électricité dans le système. Ces perturbations, amplifiées par l’autoconsommation des particuliers et des entreprises, compliquent la gestion du réseau à l’échelle nationale.


Face à ce défi, REE a demandé à la CNMC l’autorisation de modifier en urgence jusqu’à quatre protocoles de fonctionnement, certains datant de plus de vingt ans, pour mieux anticiper ces variations. L’opérateur a également indiqué que « les mécanismes de contrôle de tension existants n’étaient plus adaptés » à la montée en puissance des énergies renouvelables, jusqu’alors tenues à l’écart de ces fonctions.


À tout cela s’ajoute la saturation chronique du réseau. Le lobby Aelec a alerté sur le fait que plus de 80 % des nœuds du système électrique espagnol sont « saturés » et incapables d’intégrer de nouvelles capacités sans baisse de stabilité ou perte d’efficacité. Cette faiblesse structurelle, héritée d’un manque d’investissements durant des années, limite sévèrement la marge de manœuvre des opérateurs pour atténuer les risques.

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