Depuis la disparition des tarifs réglementés en juillet 2023, la CRE publie chaque mois un prix repère de vente du gaz. Ce signal de marché ne constitue pas une offre commerciale, mais une référence construite à partir des coûts supportés par les fournisseurs : approvisionnement, transport, stockage, distribution et fiscalité.
La hausse des prix du gaz va arriver dans quelques mois
Au début de l’année 2026, ce prix repère s’établissait autour de 0,105 €/kWh TTC pour un ménage chauffé au gaz, avec un abonnement annuel d’environ 343,90 € TTC. Ce niveau correspondait à une phase de relative stabilité, après plusieurs mois d’évolution modérée.
La situation change nettement au printemps. Selon les projections issues des composantes du prix repère, le tarif moyen du kWh pourrait atteindre environ 0,1216 €/kWh en mai 2026, contre 0,1051 €/kWh en mars, soit une hausse proche de 15 à 16 %. Cette évolution se traduit mécaniquement par une augmentation de la facture annuelle.
Pour un ménage type consommant du gaz pour le chauffage, dont la facture annuelle se situait autour de 1 500 € au début de l’année, l’impact est immédiat. Une hausse de 13 à 15 % représente un surcoût de l’ordre de 180 à 220 € par an. L’effet est proportionnel à la consommation : il reste limité pour les usages cuisson et eau chaude, mais devient significatif pour les logements chauffés au gaz.
Les prix du gaz flambent sur les marchés, et la facture va suivre
Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE interrogée ce 20 mars 2026 sur RTL, insiste sur le fait que cette hausse correspond à une “répercussion” des conditions de marché et non à une décision administrative. Le prix repère suit en effet les coûts d’approvisionnement des fournisseurs, eux-mêmes indexés sur les marchés européens. Le mécanisme introduit un décalage temporel : les variations du marché de gros ne sont intégrées que progressivement dans les factures.
C’est précisément ce point qui éclaire la communication de la CRE. Lorsque l’institution évoque une hausse “autour de 15 %”, elle se fonde sur des données déjà consolidées mais encore incomplètes. Cette estimation reflète une première transmission du choc de prix, et non son intégralité.
L’évolution récente des prix mensuels illustre cette dynamique. En mars 2026, le prix repère avait déjà progressé de près de 5 % par rapport à février. Cette hausse intervenait après une augmentation de près de 4 % le mois précédent. Le mouvement est donc engagé depuis plusieurs mois, mais il s’accélère désormais.
La facture est essentiellement composée de taxes et coûts
La structure même de la facture explique pourquoi l’impact est progressif. Environ 40 % du prix final correspond au coût de l’énergie, tandis que le reste est composé de coûts régulés et de taxes. Cette composition amortit partiellement les fluctuations du marché, mais elle ne les neutralise pas. Lorsque les prix de gros augmentent fortement, la hausse finit par se diffuser.
La hausse attendue en mai 2026 apparaît ainsi comme une étape intermédiaire. Elle reflète l’intégration partielle des tensions observées sur les marchés du gaz, mais ne préjuge pas des ajustements à venir. Si les prix de gros se maintiennent à des niveaux élevés, les prochaines publications du prix repère pourraient prolonger cette trajectoire.
Pour les consommateurs, la conséquence est claire. Après une phase de stabilisation en 2025, les factures repartent à la hausse dans un contexte de marché redevenu incertain. Le signal envoyé par la CRE n’est pas celui d’un pic ponctuel, mais celui d’un retournement durable de tendance.




