Nucléaire : le Royaume-Uni va signer un accord nucléaire avec les États-Unis

À l’occasion de la visite d’État de Donald Trump, le Royaume-Uni et les États-Unis vont signer un accord sur le nucléaire.

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Nucléaire : le Royaume-Uni va signer un accord nucléaire avec les États-Unis © L'EnerGeek

Donald Trump est arrivé au Royaume-Uni. Le président des États-Unis est en visite officielle pendant deux jours outre-Manche. Il doit signer, avec le Premier ministre, Keir Starmer, un accord important sur le nucléaire.


Un accord sur le nucléaire entre le Royaume-Uni et les États-Unis


Le gouvernement britannique annonce qu’il s’apprête à signer avec les États-Unis un accord stratégique dans le secteur du nucléaire pour accélérer le lancement de réacteurs nouvelle génération au Royaume-Uni. Et notamment des petits réacteurs modulaires (SMR) et des réacteurs modulaires avancés (AMR). Ce pacte intervient dans le cadre de la visite d’État du président Donald Trump et marque une étape majeure dans l’ambition britannique de renforcer sa capacité de production nucléaire comme composante centrale de sa stratégie énergétique nationale.


L’accord nucléaire entre le Royaume-Uni et les États-Unis inclut plusieurs engagements concrets. Il prévoit notamment la reconnaissance mutuelle des contrôles de sûreté nucléaire : lorsqu’un réacteur passe les vérifications réglementaires dans un pays, l’autre pourra s’appuyer sur ces résultats pour ses propres autorisations. Cependant, cela veut aussi dire que le pays de sa majesté va s’aligner avec la réglementation plus souple des États-Unis en matière de sûreté nucléaire.


Parmi les projets phares, Centrica et X-Energy lancent un accord de développement conjoint pour déployer jusqu’à 6 gigawatts (GW) d’AMR au Royaume-Uni, le premier site choisi étant celui de Hartlepool, adjacent à une centrale actuelle devant fermer en 2028. Bien que l’accord soit encore en phase de planification, la première installation pourrait comporter 12 unités Xe-100 pour un total d’environ 960 mégawatts, ce qui alimenterait près de 1,5 million de foyers.


D’autres initiatives viennent compléter cet agenda. Holtec International, EDF et Tritax prévoient un investissement de 11 milliards de livres pour des data centers alimentés par des SMR dans le Nottinghamshire. Dans le même temps, Londres poursuit le chantier emblématique de la centrale Sizewell C, soutenue par une enveloppe publique de 14 milliards de livres sterling, présentée comme l’un des piliers du futur parc nucléaire britannique.


Pourquoi cet accord est-il crucial pour le Royaume-Uni ?


Premièrement, l’accord sur le nucléaire offre au Royaume-Uni une accélération indispensable des projets nouvelle génération, à un moment où les besoins énergétiques augmentent et où la transition vers une électricité bas carbone devient urgente. En ramenant les délais d’autorisation de plusieurs années à deux ans environ, les autorités espèrent débloquer rapidement la construction des premiers réacteurs SMR et AMR.


Deuxièmement, le nucléaire représente pour le Royaume-Uni un outil central de souveraineté énergétique. Le pays veut se détacher des combustibles nucléaires russes d’ici à 2028, un objectif stratégique réaffirmé par le gouvernement. L’accord avec Washington s’inscrit ainsi dans une logique d’indépendance et de sécurité d’approvisionnement.


Troisièmement, l’impact industriel et social sera déterminant. Le projet d’AMR à Hartlepool, avec ses 12 unités Xe-100, devrait générer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects. Les grands chantiers comme Sizewell C ou les futurs SMR régionaux mobiliseront également des milliards d’investissements et des compétences techniques nouvelles. Cette dynamique devrait renforcer la filière nucléaire nationale tout en modernisant les infrastructures énergétiques existantes.

Les défis et limites attendus


Malgré son ambition, le projet nucléaire britannique ne sera pas sans obstacles. La complexité réglementaire, bien que réduite, demeure un défi, surtout pour les nouvelles générations de réacteurs dont les technologies sont moins éprouvées que les centrales classiques. Le financement représente une autre limite : la mobilisation de capitaux privés, en complément des engagements publics, sera cruciale pour concrétiser l’ensemble des projets.


La question de l’acceptabilité sociale reste sensible. Certains sites, même déjà nucléarisés comme Hartlepool, pourraient susciter des résistances locales liées aux risques perçus, à la sécurité ou à la gestion des déchets. Enfin, la mise en œuvre rapide de cet accord dépendra de la disponibilité du combustible nucléaire enrichi de nouvelle génération (HALEU), aujourd’hui produit en quantités limitées, ainsi que de la formation des ingénieurs et techniciens spécialisés.

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