Uber a annoncé, le 10 septembre, que son application proposera des trajets en hélicoptère dès 2026. Le géant américain du VTC concrétise ainsi une ambition nourrie depuis plusieurs années : élargir son offre au transport aérien en s’appuyant sur le partenariat conclu avec Joby Aviation, acteur majeur de la mobilité aérienne avancée.
Un partenariat Joby-Blade au cœur de l’offre aérienne
Uber s’apprête à intégrer des vols en hélicoptère dans son application grâce à Joby Aviation, qui a acquis l’activité passagers de Blade pour 125 millions de dollars en août 2025, selon Reuters. Cette opération a permis de sceller une complémentarité stratégique, la force de frappe technologique de Joby s’adosse à l’ampleur mondiale de la plateforme Uber. Blade, qui a transporté plus de 50 000 passagers en 2024 entre les États-Unis et le sud de l’Europe, apporte une infrastructure déjà opérationnelle : hubs, clientèle et flotte d’appareils. Cette intégration accélère le déploiement de l’offre aérienne et prépare l’arrivée future des eVTOL électriques de Joby, capables d’embarquer quatre passagers plus un pilote et d’atteindre environ 320 km/h, selon The Verge.
Dans un communiqué officiel, Andrew Macdonald, président et directeur des opérations d’Uber, a déclaré : « Depuis les premiers jours d’Uber, nous croyons au potentiel de la mobilité aérienne avancée pour offrir aux villes du monde entier un transport sûr, silencieux et durable. En tirant parti de l’ampleur de la plateforme Uber et en nous associant à Joby, nous sommes ravis d’apporter à nos clients la prochaine génération de voyages ».
Où, quand, et à quel prix pour l’utilisateur
Le service sera accessible début 2026, d’abord sur des liaisons déjà exploitées par Blade. En France, la Côte d’Azur constituera le principal terrain d’expérimentation, avec des trajets reliant Nice, Monaco, Cannes et Saint-Tropez. Outre-Atlantique, l’application permettra de réserver des vols entre Manhattan et les aéroports de JFK, Newark et LaGuardia, ainsi que vers les Hamptons ou Atlantic City, selon BFMTV.
L’internationalisation du service s’appuie donc sur des corridors aériens déjà éprouvés, ce qui devrait en sécuriser le lancement. Les tarifs reflètent le caractère premium du service. CNEWS cite l’exemple d’un vol reliant Sorrente, au sud de Naples, à l’île de Capri : 1 500 euros pour un groupe de six personnes, soit environ 250 euros par passager. Si les prix varient en fonction des trajets et de la demande, cette grille tarifaire montre qu’Uber vise une clientèle haut de gamme plutôt que le grand public.
Quels défis pour la mobilité aérienne ?
Au-delà de l’effet d’annonce, Uber et Joby Aviation inscrivent ce projet dans une vision plus large de la mobilité aérienne urbaine. L’intégration des services de Blade ouvre une première phase pragmatique, celle d’offrir des vols en hélicoptère et en hydravion, selon Quartz, tout en préparant la transition vers des appareils électriques plus silencieux et décarbonés. Cependant, la certification des eVTOL demeure un enjeu central. Sans autorisations réglementaires, les vols resteront cantonnés aux appareils traditionnels. Le déploiement massif des taxis aériens électriques dépendra donc des délais d’homologation, notamment aux États-Unis.
Par ailleurs, les contraintes liées aux infrastructures, héliports urbains, nuisances sonores, acceptabilité sociale, pèseront sur la vitesse d’expansion du service. Enfin, la stratégie d’Uber soulève une question de positionnement. Si les prix actuels témoignent d’une orientation vers le luxe, l’objectif à moyen terme consiste à démocratiser l’accès à la mobilité aérienne. Comme l’a souligné JoeBen Bevirt, fondateur et directeur général de Joby Aviation, dans des propos partagés par Cnews : « avec la plateforme mondiale d’Uber, nous ouvrons la voie à une nouvelle ère du transport aérien dans le monde ».






