Nucléaire : Rolls-Royce et GE Vernova en lice pour les SMR suédois

Après plus de quatre décennies sans nouvelle construction, la Suède relance sa stratégie énergétique autour du nucléaire. En s’appuyant sur deux entreprises anglo-saxonnes, l’État veut installer une nouvelle génération de réacteurs modulaires et sécuriser ainsi son avenir électrique face à une demande en électricité en plein essor.

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Le 21 août 2025, la société publique Vattenfall a annoncé avoir retenu Rolls-Royce SMR (Royaume-Uni) et GE Vernova (États-Unis) pour bâtir les premiers nouveaux réacteurs nucléaires en Suède depuis plus de quarante ans. Ce projet, qui doit prendre place sur le site de Ringhals, a été voté quelques mois plus tôt pour soutenir la production d’électricité bas-carbone et atteindre la neutralité carbone d’ici 2045 selon le gouvernement suédois.

Energie nucléaire : vers une relance stratégique des SMR en Suède

Le choix de Vattenfall repose sur deux scénarios précis : soit l’installation de cinq réacteurs BWRX-300 de GE Vernova, soit la construction de trois SMR de Rolls-Royce, pour une capacité combinée d’environ 1 500 mégawatts, selon Reuters. Ces unités constitueraient une rupture majeure dans l’histoire énergétique suédoise, car aucun nouveau réacteur nucléaire n’a été édifié depuis plus de quatre décennies.

Cette orientation répond à une loi adoptée en mai 2025 qui autorise et encadre le financement d’une nouvelle génération de projets. Le texte prévoit des instruments financiers tels que les prêts d’État et les contrats de différence à deux voies afin de garantir jusqu’à 5 000 mégawatts de capacités additionnelles, souligne NucNet.

La Suède veut la neutralité carbone

À ce jour, la Suède exploite six réacteurs qui assurent environ 30 % de sa production électrique, dont près de 14 % proviennent de la centrale de Forsmark. Mais l’exécutif a profondément modifié ses objectifs : après avoir longtemps privilégié une trajectoire 100 % renouvelables, il ambitionne désormais une électricité sans combustibles fossiles d’ici 2045.

Cette mutation est dictée par la hausse prévue de la consommation : de 135 térawattheures en 2023, elle pourrait grimper jusqu’à 300 TWh en 2045. Pour y répondre, le gouvernement vise l’ajout de 2 500 MWe de capacité nucléaire d’ici 2035, tout en sécurisant le réseau électrique. La centrale de Ringhals, déjà équipée et stratégiquement placée dans le sud industriel du pays, a été retenue comme site prioritaire. Vattenfall y a sélectionné les fournisseurs jugés les plus aptes à respecter délais et budgets : de 75 acteurs initialement considérés, seuls deux ont franchi les étapes de sélection , détaille le communiqué de presse.

Une impulsion européenne et un horizon 2030-2035 décisif

Ce virage suédois s’inscrit dans un contexte continental. L’Union européenne estime à 241 milliards d’euros les investissements nécessaires dans le nucléaire au cours des 25 prochaines années selon le Financial Times. Mais la Suède veut aussi répondre à une problématique interne : le nord de la Suède produit une électricité abondante grâce à l’hydroélectricité, mais le sud, plus industrialisé, subit des prix élevés et des tensions d’approvisionnement. Les futurs réacteurs nucléaires doivent corriger cette asymétrie.

Le calendrier prévoit une mise en service des premières unités au milieu des années 2030, soit un délai relativement court dans l’industrie nucléaire. Le recours aux SMR permet en effet de réduire la durée de construction et d’augmenter la flexibilité du système électrique. Si les premières tranches atteignent 1 500 MW, une extension de 1 000 MW supplémentaires reste possible, renforçant ainsi le rôle central du nucléaire dans la transition énergétique de la Suède.

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