Le gouvernement allemand, en partenariat avec cinq grandes fédérations européennes du secteur, a dévoilé, le 5 août, une stratégie offensive pour réduire la dépendance de la filière éolienne aux importations chinoises. L’Allemagne vise les terres rares et les aimants permanents, éléments clés pour les turbines, que Pékin fournit aujourd’hui à plus de 90 % du marché européen.
Éolienne : la Chine, fournisseur unique… pour combien de temps encore ?
Depuis une décennie, l’Europe mise sur l’énergie éolienne pour décarboner sa production. Mais la chaîne de valeur, elle, reste terriblement vulnérable. Selon les chiffres révélés par WindEurope, plus de 90 % des aimants permanents utilisés dans les turbines européennes viennent de Chine. Ces composants, essentiels au fonctionnement des éoliennes modernes, sont également présents dans l’électronique et l’automobile.
La Chine détient non seulement les gisements, mais aussi la maîtrise industrielle. Le plan dévoilé par le ministère allemand de l’Économie prévoit qu’à partir de 2029, 15 % de ces aimants devront provenir de fournisseurs alternatifs, et 50 % dès 2035. Pour les terres rares elles-mêmes, la diversification devra atteindre 5 % en 2029 et 35 % d’ici 2030, peut-on lire sur BFMTV. « Cela signifie avant tout réduire la part des aimants permanents chinois dans les turbines éoliennes à l’avenir », indique la feuille de route allemande dans des propos rapportés par Boursorama avec AFP.
Quand la dépendance devient un risque stratégique
Ce virage stratégique ne tombe pas du ciel. En avril 2025, la Chine a restreint ses exportations de terres rares vers l’Europe, en réponse aux barrières douanières imposées par les États-Unis. La réaction allemande ne s’est pas fait attendre. Car derrière ces restrictions se cache une vérité industrielle brutale : aucun acteur européen n’est capable de rivaliser avec la domination chinoise sur ce marché.
Face à cette réalité, le gouvernement de Friedrich Merz confirme sa doctrine de « réduction des risques » vis‑à‑vis de Pékin, dans des propos rapportés par Reuters. Des partenariats industriels de long terme seront noués avec l’Australie, le Japon, ou encore le Canada. Des garanties d’investissement sont également prévues pour sécuriser les flux d’importation hors Chine.
Une ambition portée par la montée en puissance de l’éolien allemand
L’Allemagne reste le moteur du parc éolien européen. En 2024, elle a représenté 25 % des nouvelles installations terrestres et maritimes dans l’Union européenne. Sa puissance installée atteint 72,75 gigawatts, dont 9,2 gigawatts en mer, selon les données de WindEurope.
D’ici 2030, l’objectif fixé par Berlin est clair, tripler la capacité éolienne en mer, atteignant 30 gigawatts pour répondre à ses engagements climatiques.






