À compter du 1er août 2025, une série de mesures convergent pour redessiner le paysage tarifaire de l’énergie en France. Hausse significative de la TVA sur les abonnements gaz et électricité, facturation des relevés manuels pour les foyers refusant Linky, ajustements fiscaux… Ces évolutions cumulées auront un impact concret sur les consommateurs, à la fois sur leur facture mensuelle et leurs choix.
Fin du taux réduit de TVA : +14,5 points sur les abonnements énergie
Le principal changement concerne la suppression du taux de TVA réduit à 5,5 % sur les abonnements aux réseaux de gaz et d’électricité. À compter du 1er août, la taxation s’appliquera au taux plein de 20 %, alignant la France sur une directive européenne qui impose une uniformisation des taux de TVA sur les services d’un même secteur.
Concrètement, cela signifie que :
- un abonnement mensuel de 10 € HT passera d’une facturation de 10,55 € TTC à 12 € TTC ;
- l’augmentation ne touche pas le prix du kilowattheure consommé, mais uniquement la part fixe de l’abonnement, généralement comprise entre 8 et 20 % d’une facture résidentielle.
Pour limiter l’effet net de cette hausse, deux baisses fiscales ont été décidées en parallèle :
- L’accise sur l’électricité diminue de 33,70 €/MWh à 29,98 €/MWh ;
- Celle sur le gaz naturel est réduite de 17,16 €/MWh à 15,43 €/MWh.
Cette révision a été recommandée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour atténuer la hausse du coût d’accès aux réseaux, sans modifier les marges de fourniture.
Linky : la tolérance prend fin, les frais commencent
C’est l’autre grande nouveauté d’août 2025 : les consommateurs qui continuent de refuser l’installation du compteur Linky seront désormais facturés pour la gestion manuelle de leur consommation. Deux tarifications sont mises en œuvre :
- 6,48 € HT tous les deux mois : il s’agit d’une composante tarifaire fixe intégrée à la facture, couvrant les coûts d’exploitation liés à l’absence de télérelève.
- 4,14 € HT supplémentaires tous les deux mois si aucun relevé de consommation n’a été transmis depuis plus d’un an.
Ces frais s’appliquent donc à une fréquence bimestrielle, soit une charge cumulée potentielle de 63,72 € TTC par an pour les clients totalement non communicants.
Alternative pour éviter ces frais :
- Transmettre manuellement ses index au moins une fois par an, via l’espace client ou téléphone.
- Accepter un relevé sur site par un agent mandaté.
Pourquoi ces frais maintenant ?
La généralisation du Linky — prévu depuis 2021 — visait à automatiser les données de consommation et optimiser le pilotage du réseau. Le maintien d’un traitement manuel représente un surcoût logistique et technique que les distributeurs (notamment Enedis) ne sont plus autorisés à mutualiser. Selon le médiateur national de l’énergie, plus de 1,2 million de clients étaient encore sans compteur communicant début 2025. L’objectif est d’inciter à une transition complète d’ici fin 2026.
Évolution modérée des prix du gaz en août
Malgré les secousses fiscales, le coût du gaz naturel reste stable. La CRE publie chaque mois un prix repère de marché pour les consommateurs résidentiels, notamment ceux sous offre à prix indexé.
Pour le mois d’août 2025 :
- le prix moyen TTC est de 0,13920 €/kWh pour un usage cuisson/eau chaude ;
- 0,10801 €/kWh pour un usage chauffage.
Ces valeurs sont quasiment inchangées par rapport à juillet, dans un contexte de marché globalement apaisé et de stocks européens élevés. Les offres de marché indexées CRE demeurent le principal repère pour les nouveaux contrats depuis la suppression des tarifs réglementés en juillet 2023.
Épargne réglementée : rendement en chute libre
En toile de fond, les placements sans risque connaissent également une révision défavorable. Le taux du Livret A est abaissé à 1,7 %, contre 2,4 % précédemment. Le LDDS suit ce mouvement, de manière automatique. Cette baisse est liée à la désinflation observée en début d’année, l’indice harmonisé des prix à la consommation ayant chuté à 0,88 % sur six mois.
Concernant le Livret d’épargne populaire (LEP), son taux passe de 3,5 % à 2,7 %, mais reste supérieur au rendement réglementaire théorique de 2,2 %. Le gouvernement a volontairement relevé ce taux pour protéger les ménages à faible revenu.





