Un format XXL, un continent entier pour terrain de jeu, et une logistique démesurée. La Coupe du monde 2026 promet du spectacle… mais aussi une trace carbone d’une ampleur inédite. Et personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.
Coupe du monde 2026 : un record de pollution qui n’a rien de glorieux
La prochaine Coupe du monde de football, qui se tiendra en 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, va laisser une empreinte carbone colossale. Selon l’organisation Scientists for Global Responsibility (SGR), le tournoi générera plus de 9 millions de tonnes d’équivalent CO₂. C’est presque deux fois plus que la moyenne des quatre dernières éditions, et largement au-dessus des 5,25 millions de tonnes estimées pour Qatar 2022.
Pourquoi un tel chiffre ? Parce que l’édition 2026, c’est 48 équipes au lieu de 32, 104 matchs contre 64 habituellement, et surtout un tournoi qui s’étale sur tout un continent. Résultat : une dépendance extrême au transport aérien, que ce soit pour les équipes, les staffs ou les supporters.
La FIFA, de son côté, se veut rassurante. Elle promet de réduire de 50 % ses émissions d’ici à 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2040. Elle affirme avoir « mis en place des stratégies de durabilité », recyclé des tonnes de matériaux et obtenu des certifications écologiques pour ses stades.
Mais difficile d’oublier qu’en 2023, la Commission suisse de l’équité a taclé l’organisation pour des déclarations « non fondées » sur la neutralité carbone du tournoi qatari. Et cette fois encore, plusieurs ONG dénoncent un grand écart entre les ambitions affichées et les conséquences concrètes.
Derrière les buts, les avions
Ce qui pose problème ici, ce n’est pas la qualité du gazon ou l’éclairage LED des stades. C’est tout ce qui gravite autour du tournoi. Pour les 104 rencontres prévues, il faudra transporter les sélections, le matériel, les sponsors, les médias… et des millions de fans. En avion, la plupart du temps.
Et même si les organisateurs ont insisté sur l’utilisation d’infrastructures existantes, le calcul est sans appel : les émissions projetées correspondent à celles de 6,5 millions de voitures britanniques circulant pendant un an. Pas vraiment une empreinte légère.
Le tableau ne s’éclaircit pas pour autant. En 2030, le Mondial prendra encore une autre dimension : six pays hôtes, répartis sur trois continents. Les premiers matchs auront lieu en Amérique du Sud, pour les 100 ans de la toute première Coupe du monde en Uruguay, avant un transfert en Europe et en Afrique du Nord. Difficile de faire pire en termes de cohérence logistique et environnementale.





