Pour sauver la planète, ce chercheur à la folle idée de faire exploser une bombe nucléaire

Imaginez une explosion nucléaire au fond de l’océan pour lutter contre le réchauffement climatique.

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Pour sauver la planète, ce chercheur à la folle idée de faire exploser une bombe nucléaire
Pour sauver la planète, ce chercheur à la folle idée de faire exploser une bombe nucléaire © L'EnerGeek

À l’heure où le réchauffement de la planète modifie notre quotidien, de plus en plus d’idées pour freiner cette tendance émergent. Parmi elles, celle de lancer une bombe nucléaire sous l’océan Austral pour retenir le CO₂ fait parler d’elle. Même si cette proposition fâche et soulève pas mal de questions sur notre manière de gérer la crise climatique, elle ne passe pas inaperçue.

Une idée qui vient d’hier

Andy Haverly, un jeune doctorant américain en informatique quantique au Rochester Institute of Technology, est derrière ce concept pour le moins radical. Inspiré par le projet Plowshare des années 1960 (qui visait à utiliser des explosions nucléaires pour des applications non militaires), Haverly suggère d’utiliser une technologie océanique pour fracturer le basalte sous-marin et piéger ainsi le CO₂. Son rapport détaillé a été publié le 14 janvier.

L’explosion serait réalisée entre 6 et 8 kilomètres sous la surface de l’eau, avec une intervention dans le basalte à une profondeur de 3 à 5 kilomètres. Dotée d’une puissance équivalente à 81 gigatonnes (Gt) de TNT – c’est-à-dire 5400 fois celle de la bombe d’Hiroshima – l’idée est de déclencher ce qu’on appelle l’« altération forcée des roches » (Enhanced Rock Weathering – ERW). Ce procédé permettrait au basalte, en contact avec l’eau chargée en CO₂, de se dissoudre pour former du calcaire, qui resterait stocké au fond de l’océan.

Ce que ça risque de provoquer

Théoriquement, cette méthode pourrait emprisonner l’équivalent de 30 ans d’émissions de CO₂, mais elle n’est pas sans conséquence. Dès le départ, l’explosion entraînerait la disparition immédiate de la faune et de la flore marines aux abords du site, perturbant les cycles de reproduction et modifiant la composition des écosystèmes, ce qui illustre un impact écologique significatif. En plus, il y a un risque que des matières radioactives se propagent dans les océans.

Les critiques ne manquent pas. Des études récentes remettent en question l’efficacité de ce procédé d’altération accélérée des roches, surtout à cause des composés géochimiques assez complexes impliqués. De plus, plusieurs experts rappellent qu’Andy Haverly n’est ni géologue, ni climatologue, ni ingénieur nucléaire, ce qui alimente les doutes sur la viabilité scientifique de ce projet lié aux déchets nucléaires.

Le coût et les défis politiques

Sur le plan financier, Haverly estime que le projet nécessiterait 10 milliards de dollars. Comparé au coût estimé du changement climatique, évalué à 100 000 milliards de dollars, il défend son idée en la présentant comme économiquement avantageuse : « Sur le plan financier au moins, c’est la marche la plus évidente à suivre », affirme-t-il.

Cela dit, contourner les traités internationaux sur la non-prolifération nucléaire constituerait un sacré obstacle. L’idée même d’organiser une telle explosion entraîne de vifs débats d’ordre éthique et politique, en raison notamment des risques pour l’environnement mondial.

Utiliser une explosion nucléaire sous-marine pour combattre le réchauffement, c’est indéniablement partir dans une voie audacieuse, mais qui ne laisse pas indifférent, surtout face à la montée des mers. Malgré les arguments de Haverly sur l’efficacité économique et environnementale théorique de sa solution, les dangers pour la vie marine et les complications politiques restent de sérieux sujets d’inquiétude.

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