Dans notre monde qui cherche toujours des solutions durables pour alimenter la demande d’énergie verte, les batteries au diamant pourraient offrir une alternative prometteuse. Pour satisfaire ce besoin à l’échelle mondiale, il faut récupérer des métaux spécifiques, ce qui pose des problèmes sur le plan environnemental et technologique, notamment dans l’extraction du lithium. Habituellement, ces métaux sont extraits de mines sur terre, une méthode qui risque de mettre en péril des zones riches en biodiversité. Du coup, explorer les fonds marins apparaît comme une option alternative intéressante.
Les promesses et les questions de l’exploitation sous-marine
Les profondeurs du Pacifique recèlent de véritables trésors, comme ces nodules de manganèse, tandis qu’un gisement colossal de lithium a été découvert sous la mer Salton. Ces formations contiennent des métaux précieux, dont le nickel et le cobalt. Cependant, on en connaît encore très peu sur l’empreinte écologique que peut laisser leur extraction. Par exemple, une étude récente s’est penchée sur les conséquences d’une exploitation minière réalisée en 1979 dans la zone Clarion-Clipperton (CCZ). Même après toutes ces années, les traces de la machine minière restent visibles, montrant à quel point les processus biologiques en grande profondeur avancent lentement.
La faune commence à reprendre ses droits sur les zones perturbées, mais la reconstitution est inégale. Les plus petits animaux mobiles réinvestissent peu à peu les sédiments débarrassés des nodules sur une section de 8 mètres tandis que les gros animaux fixés au fond de l’océan restent rares.
L’impact sur la nature et la biodiversité
Mesurer l’effet global sur l’environnement n’est pas une mince affaire. La zone testée dans l’étude est relativement limitée face aux futures exploitations commerciales qui pourraient s’étendre sur 10 000 km². Pour vous donner une idée, la CCZ elle-même couvre 6 millions de km², soit environ 2 % de la plaine abyssale mondiale. Par ailleurs, le déplacement des sédiments lors des opérations minières crée des panaches qui risquent d’affecter l’environnement marin. Même si l’étude n’a pas mis en évidence d’effets négatifs durables sur le nombre d’animaux, elle ne traite pas du risque d’une perte irréversible de la biodiversité.
Pour tenter de limiter ce risque, un système de zones protégées couvrant près de 2 millions de km² a été instauré. L’idée est que les recherches futures se focalisent sur ces zones pour mieux comprendre les espèces qui y vivent et ainsi mieux évaluer les potentielles pertes.
L’étude parue dans la revue Nature pointe plusieurs défis à relever avant de pouvoir envisager l’exploitation minière sous-marine à grande échelle comme une solution aux besoins en batteries.






