Alors que le gouvernement annonçait début juin une suspension temporaire du dispositif MaPrimeRénov’, un rétropédalage partiel est intervenu le 16 juin 2025. Les aides aux monogestes, ces travaux simples et ciblés de rénovation énergétique, sont maintenues. Un soulagement pour les acteurs du bâtiment qui peuvent continuer à planifier les chantiers de l’été.
MaPrimeRénov’ : Des aides maintenues pour les gestes ciblés
L’exécutif avait initialement prévu de suspendre l’ensemble des aides MaPrimeRénov’ du 1er juillet à la mi-septembre 2025. Objectif : contenir les dépenses de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), confrontée à une surcharge de demandes. Mais cette décision a provoqué une levée de boucliers dans la filière.
Sous la pression des entreprises, des collectivités et des professionnels de l’efficacité énergétique, le gouvernement a revu sa copie. Les travaux dits « monogestes » restent éligibles à l’aide publique pendant toute la période estivale. Comme l’a confirmé le ministère du Logement, « le guichet des monogestes ne fermera pas cet été, c’est une décision prise par le gouvernement suite à l’écoute de la filière », détaille Le Parisien.
Aides d’État pour les monogestes : Quels travaux sont concernés ?
Les opérations conservées dans le périmètre d’éligibilité de MaPrimeRénov’ sont celles qui permettent une amélioration ponctuelle et rapide de la performance énergétique du logement, sans nécessiter d’approche globale.
Cela inclut notamment : l’isolation thermique d’une paroi opaque (combles, murs, planchers), le remplacement d’un système de chauffage vétuste par un appareil plus performant, l’installation d’équipements utilisant une source renouvelable (pompe à chaleur, poêle à granulés), ou encore le changement de menuiseries extérieures. Ces gestes peuvent être réalisés sans étude énergétique préalable ni accompagnateur obligatoire.
Dans son communiqué, l’Anah précise que ces gestes simples « restent aidés, dans les conditions habituelles de ressources, et avec des montants plafonnés ». Les ménages aux revenus modestes peuvent toujours obtenir une avance sur la prime, allant jusqu’à 90 % du montant total, selon les barèmes définis par le décret du 4 décembre 2024 relayés par Le Télégramme.
Rénovation énergétique : Une orientation assumée vers les chantiers maîtrisés
Ce recentrage temporaire sur les monogestes s’explique aussi par la volonté de contenir les fraudes. Les rénovations globales, plus complexes, ont donné lieu à de nombreuses dérives. Selon une synthèse de l’Anah, plus d’un quart des chantiers contrôlés ont révélé des irrégularités, notamment des audits énergétiques fictifs ou des surfacturations. Des pratiques dénoncées par les fédérations du bâtiment, qui craignent un discrédit généralisé de la profession.
« On veut protéger les ménages comme les entreprises sérieuses. L’enjeu est de mieux calibrer les efforts publics sur les logements les plus énergivores », indique un conseiller du ministère cité par Le Figaro Immobilier. Le gouvernement entend ainsi réserver les rénovations globales aux passoires thermiques (étiquettes F ou G du DPE), à partir de l’automne.
MaPrimeRénov’ maintenue : Une continuité utile pour les entreprises
Pour les artisans labellisés RGE (Reconnu garant de l’environnement), cette décision apporte un minimum de visibilité. Les carnets de commandes peuvent être ajustés sans rupture brutale, même si le calendrier reste contraint. Dans certaines régions, les demandes de remplacement de chaudières ou de pose de pompes à chaleur représentent plus de 70 % des devis MaPrimeRénov’ déposés depuis le début de l’année, selon les chiffres communiqués par l’Anah.
Les professionnels du bâtiment sont donc appelés à orienter leurs offres vers ces travaux ciblés, en attendant la réouverture du guichet pour les rénovations complètes. Cette période transitoire est aussi l’occasion, pour de nombreuses structures, de former ou réorganiser leurs équipes afin d’anticiper le durcissement des règles d’éligibilité à venir.





