Face aux grands défis énergétiques, le regard des citoyens compte. Une enquête inédite d’ENGIE, menée avec l’IFOP, éclaire les préférences, attentes et perceptions des Français sur les énergies renouvelables. Une contribution utile pour ajuster les stratégies du secteur.
Le 28 mai 2025, ENGIE a présenté les résultats d’une enquête nationale conduite avec l’institut IFOP. Avec plus de 12 000 personnes interrogées, ce sondage constitue une base de données précieuse pour comprendre comment les Français perçoivent les énergies aujourd’hui. Dans un contexte de transition accélérée, de contraintes climatiques et de recherches de souveraineté énergétique, les résultats livrent des enseignements concrets, utiles à tous les acteurs du secteur.
Un socle de soutien large pour les renouvelables
L’un des constats majeurs de l’enquête est la forte adhésion aux énergies renouvelables. Une majorité des sondés, plus de huit sur dix, déclarent en avoir une bonne image. L’énergie solaire, l’hydraulique, la géothermie ou encore le biogaz bénéficient d’une perception favorable à travers toutes les catégories de population.
L’expérience directe joue un rôle important dans cette appréciation. Les riverains d’installations renouvelables (parcs solaires, éoliennes, méthaniseurs) sont encore plus nombreux à exprimer une opinion positive. La proximité ne semble donc pas générer de rejet, au contraire : elle favorise la compréhension du fonctionnement et relativise les craintes initiales.
Un secteur qui s’inscrit dans les priorités nationales
Les énergies ne sont pas perçues comme un sujet technique réservé aux experts. Elles s’imposent dans le haut du classement des préoccupations, aux côtés du pouvoir d’achat, de la sécurité et de la protection de l’environnement. Pour une majorité, elles constituent une priorité à part entière, et non un enjeu secondaire.
Cette centralité est renforcée par le contexte géopolitique des dernières années, qui a remis en question la dépendance énergétique de la France à certaines importations. Beaucoup de Français associent les renouvelables à une forme d’autonomie accrue, et à des perspectives économiques positives à l’échelle locale.
Nucléaire, renouvelables : une vision de la complémentarité
Le débat autour du mix énergétique est souvent présenté de manière binaire. L’étude IFOP-ENGIE montre au contraire une préférence nette pour une combinaison des sources : 56 % des répondants souhaitent un modèle qui associe renouvelables et nucléaire. Seuls 12 % privilégient une production exclusivement nucléaire, et 23 % misent uniquement sur les énergies renouvelables.
Cette position intermédiaire traduit une compréhension assez fine des contraintes du système électrique : les Français semblent avoir intégré la nécessité de concilier flexibilité, continuité de production, décarbonation et stabilité des prix.
Des attentes fortes autour des bénéfices concrets
Si l’adhésion est là, elle s’accompagne d’attentes précises. La majorité des Français est favorable à l’installation d’une infrastructure d’énergie renouvelable sur leur territoire, mais l’acceptabilité dépend du type de projet et de sa localisation exacte. Les parcs solaires bénéficient d’un large soutien, suivis par les projets de méthanisation et l’éolien en mer. L’éolien terrestre reste plus clivant, en raison de préoccupations paysagères ou acoustiques.
Au-delà de la technologie, les citoyens expriment une demande de lisibilité. Ils veulent comprendre les impacts économiques, sociaux et environnementaux des projets, savoir à qui ils profitent, et comment ils seront associés aux décisions. Les chiffres révèlent une attente claire de retombées locales, sous forme d’emplois, de fiscalité partagée, voire de tarifs différenciés.
Information, concertation, pédagogie : des leviers à renforcer
L’une des conclusions structurantes de l’étude concerne l’information. Plus des trois quarts des répondants déclarent vouloir être mieux informés sur les énergies renouvelables. Cette demande ne traduit pas un rejet, mais plutôt une volonté d’appropriation. Elle souligne l’importance d’une pédagogie continue, fondée sur des données fiables et accessibles.
Les citoyens se montrent réceptifs à de nombreux types d’arguments, dès lors qu’ils sont concrets : lutte contre le changement climatique, développement économique local, réduction des importations fossiles ou stabilité des coûts. Le soutien peut être renforcé s’il s’accompagne d’exemples réels, visibles, et si les collectivités et habitants sont associés à la gouvernance.
Pour les énergéticiens, un cadre propice mais exigeant
Pour les producteurs et développeurs, cette étude offre un cadre encourageant. La majorité de la population soutient la transition, comprend les enjeux, et est ouverte à de nouveaux projets. Mais l’adhésion ne peut pas être considérée comme acquise : elle doit se construire sur la base de résultats tangibles.
Les entreprises du secteur disposent d’un capital de confiance qu’il leur appartient d’entretenir. La mise en œuvre de projets plus transparents, mieux concertés, et plus clairement reliés aux territoires est désormais une condition de succès, autant qu’un levier de différenciation dans un marché de plus en plus exposé aux arbitrages publics.





