L’idée de transmettre de l’énergie sans fil, jadis reléguée au rang de théorie, se transforme aujourd’hui grâce aux progrès technologiques. Cette innovation promet de changer notre façon de consommer et de distribuer l’énergie, remettant en question les installations classiques comme les pylônes et câbles souterrains. Tandis que le monde cherche des solutions plus durables et performantes pour répondre à ses besoins énergétiques grandissants, la transition énergétique devient cruciale.
Un retour vers le passé : des pionniers avant-gardistes
Le concept d’électricité sans fil a été lancé par Nikola Tesla au début du XXe siècle. En 1901, il imaginait déjà pouvoir transmettre de l’énergie en utilisant l’ionosphère terrestre. Cette idée audacieuse était bien en avance sur son époque et a ouvert la voie aux recherches ultérieures. Quelques décennies plus tard, en 1964, William C. Brown prouva que cela pouvait fonctionner en faisant voler un hélicoptère propulsé par des micro-ondes. Puis, en 1975, Brown et la NASA réussirent à transmettre 30 kilowatts sur une distance de 1,6 kilomètre avec une efficacité de 50 %.
Comment ça marche et les progrès réalisés
La technique derrière l’électricité sans fil repose sur l’utilisation d’ondes électromagnétiques, comme les micro-ondes, les ondes radio et les faisceaux laser. Concrètement, on convertit l’énergie électrique en ondes électromagnétiques qui sont ensuite captées par un appareil qui les transforme de nouveau en électricité utilisable. Les systèmes actuels arrivent à atteindre une efficacité impressionnante de 95 %, avec l’ambition d’atteindre 99 %.
Un aspect fascinant réside dans le potentiel des centrales solaires spatiales à transmettre jusqu’à 1 gigawatt d’énergie vers la Terre.
Divers usages et acteurs de premier plan
Les applications de cette technologie sont nombreuses, y compris l’utilisation d’un faisceau laser pour alimenter des drones et des infrastructures critiques. Elle pourrait alimenter des capteurs intelligents, des systèmes d’éclairage commerciaux et même fournir de l’énergie en continu aux zones isolées dépourvues d’infrastructures lourdes. Des entreprises telles que Emrod en Nouvelle-Zélande, Reach Power aux États-Unis, ainsi que Powercast et Wi Charge, sont en première ligne pour développer ces solutions innovantes.
De plus, de grandes agences spatiales montrent leur intérêt pour cette approche. Par exemple, la NASA explore activement ses possibilités, tandis que l’agence spatiale japonaise JAXA planifie la mise en place d’une centrale solaire spatiale capable de fournir 1 gigawatt d’ici 2030.
Les obstacles à surmonter et les perspectives à venir
Même si l’électricité sans fil semble prometteuse, plusieurs défis restent à relever avant qu’elle ne devienne courante, notamment en matière de stockage d’énergie. Par exemple, optimiser l’efficacité énergétique reste une priorité afin de réduire les pertes lors du transfert. En plus, il faut veiller à la sécurité des installations pour qu’aucun risque ne soit posé à la santé humaine ou animale.
Par ailleurs, la portée relativement limitée des ondes implique parfois l’utilisation d’antennes réceptrices assez volumineuses, ce qui peut poser problème dans certains environnements urbains denses. Néanmoins, les efforts constants en recherche et développement laissent espérer qu’une transition progressive vers un réseau électrique en partie sans fil pourrait se faire dans un avenir proche.






