La course à l’exploration spatiale prend un tournant inédit, la Chine dévoilant son plan pour ériger une centrale nucléaire sur la Lune. Cette grande ambition fait partie du programme spatial chinois, qui vise à asseoir le rôle du pays dans la conquête de l’espace. Alors que les États-Unis et la NASA dominent toujours le jeu, Pékin multiplie ses efforts pour resserrer les écarts et se poser en adversaire sérieux.
Les ambitions lunaires de Pékin
La China National Space Administration (CNSA) pilote le programme spatial chinois et vient de présenter ses projets pour installer une centrale nucléaire sur l’International Lunar Research Station (ILRS). Ce chantier se fait en étroite coopération avec la Russie, renforçant ainsi les liens entre ces deux nations dans le domaine spatial. L’objectif affiché est limpide : se mesurer directement à la NASA et aux États-Unis.
Le programme lunaire chinois, baptisé Chang’e, a déjà fait sensation grâce à ses missions retentissantes vers la face cachée de la Lune. Prévu pour se poursuivre jusqu’en 2028, il prévoit aussi d’envoyer le premier astronaute chinois sur notre satellite naturel d’ici 2030. Avec l’aide de la Russie, il est question de monter une base lunaire qui pourrait accueillir des habitants en continu.
L’International Lunar Research Station : un projet de taille
La future International Lunar Research Station (ILRS) devrait être opérationnelle d’ici 2035 et sera alimentée par une centrale nucléaire dès le 23 avril 2025. Ce projet d’envergure regroupera non seulement la Chine et la Russie comme moteurs, mais aussi environ cinquante pays, 500 institutions scientifiques et près de 5000 chercheurs venus du monde entier.
Installer une centrale nucléaire sur la Lune relève d’un sacré défi technique. Pour garantir le confort des futurs résidents à 380 000 kilomètres de la Terre, il faut absolument disposer d’une source d’énergie fiable. D’après Iouri Borissov, ancien directeur de Roscosmos jusqu’en février 2025, les panneaux solaires ne pourront pas suffire pour alimenter les colonies lunaires prévues entre 2033 et 2035.
La coopération sino-russe face à la concurrence internationale
La collaboration entre Moscou et Pékin n’est pas nouvelle. Annoncée par un ancien vice-ministre russe de la Défense il y a un an, cette alliance s’appuie sur l’expertise russe en matière d’énergie nucléaire spatiale. Wu Weiren, le concepteur en chef du programme lunaire chinois, affirme que « la Russie est en tête du monde » en termes de technologies spatiales.
Cette association entre la Chine et la Russie vise à rivaliser directement avec le projet Artemis porté par la NASA. Même si ce dernier est présenté comme particulièrement ambitieux et avancé, les Américains envisagent d’envoyer leurs astronautes sur la Lune dès décembre prochain.






