Rénovation énergétique en hausse : le bilan solide dressé par l’Anah

Publié le
Lecture : 4 min
renovation-energetique-hausse-bilan-lanah
renovation-energetique-hausse-bilan-lanah | L'EnerGeek

Le secteur de la rénovation énergétique continue d’évoluer sous l’impulsion des dispositifs publics. Le dernier rapport trimestriel de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) propose un panorama détaillé des dynamiques en cours au sein de MaPrimeRénov’ et des autres aides portées par l’État. Bilan, chiffres clés et perspectives.

Le 29 avril 2025, l’Anah a publié son rapport d’activité portant sur le premier trimestre de l’année. Ce document dresse l’état d’avancement des aides à la rénovation énergétique pour les mois de janvier à mars. Il offre un aperçu complet du recours à MaPrimeRénov’, ainsi qu’aux dispositifs connexes comme MaPrimeAdapt’ ou MaPrime Logement Décent. Dans un contexte de transition énergétique accélérée, ces données permettent de mesurer les effets concrets de la politique de soutien à la rénovation des logements.

MaPrimeRénov’ : une dynamique différenciée entre parcours accompagnés et gestes simples

Sur les trois premiers mois de 2025, 63 509 logements ont bénéficié d’un financement dans le cadre du programme MaPrimeRénov’. Ce volume global cache des dynamiques distinctes selon le type de parcours engagé. Le dispositif « par geste », dédié à des opérations ponctuelles (chauffage, isolation, ventilation), a concentré 46 331 aides, soit près des trois quarts du total. Il s’adresse principalement à des ménages souhaitant réaliser un changement d’équipement sans rénover l’ensemble du bâti.

De son côté, le parcours accompagné, centré sur des rénovations globales visant des gains énergétiques significatifs, progresse rapidement. Ce segment représente 17 178 aides accordées, soit une multiplication par trois par rapport au premier trimestre 2024. Cette évolution traduit une orientation de plus en plus marquée vers les rénovations performantes, capables de générer une réduction durable des consommations.

Un soutien renforcé pour les rénovations ambitieuses

Le parcours accompagné est particulièrement encouragé par les pouvoirs publics. Il permet aux ménages d’être guidés dans leur projet grâce à un accompagnement personnalisé et une subvention bonifiée. En 2025, le montant moyen des travaux réalisés dans ce cadre dépasse les 59 000 euros, avec une aide publique moyenne de plus de 41 000 euros. Ce niveau de soutien reflète la volonté d’inciter à des rénovations permettant des sauts de deux classes énergétiques ou plus sur le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).

Cette approche vise en priorité les logements les plus énergivores, avec une forte proportion de logements classés F ou G parmi les bénéficiaires. Elle s’inscrit dans les objectifs de décarbonation du parc immobilier résidentiel, en cohérence avec les trajectoires climatiques fixées par la Stratégie nationale bas carbone (SNBC).

Des gestes techniques dominés par le changement de chauffage

Concernant les rénovations par geste, la majorité des dossiers financent des travaux de remplacement de systèmes de chauffage. Les pompes à chaleur air/eau arrivent en tête, suivies des poêles à granulés et à bûches. Ces équipements, qui offrent un bon rendement énergétique et une moindre empreinte carbone, bénéficient d’un soutien financier conséquent.

L’isolation thermique reste également présente dans les dossiers, bien que dans des proportions moindres. Les gestes isolés, comme l’isolation des murs ou des combles, sont souvent réalisés en complément d’un changement de chauffage. On note aussi une légère montée en puissance des équipements de ventilation performants, nécessaires pour garantir une qualité de l’air intérieur optimale dans les logements rénovés.

Un ciblage social maintenu : priorité aux ménages modestes

La structure socio-économique des bénéficiaires reste stable. Huit bénéficiaires sur dix appartiennent aux catégories modestes ou très modestes. Cette orientation sociale est renforcée par des taux de prise en charge élevés. Dans le parcours par geste, les subventions couvrent en moyenne plus de 20 % du coût des travaux, avec des niveaux plus élevés pour les ménages à faibles ressources. Dans le parcours accompagné, les ménages modestes peuvent bénéficier d’un financement couvrant jusqu’à 100 % du montant éligible grâce au cumul d’aides nationales et locales.

Cette politique de redistribution contribue à réduire la précarité énergétique et à améliorer les conditions de vie dans les territoires les plus fragiles, urbains comme ruraux.

Des outils territoriaux en expansion : France Rénov’ et les Accompagnateurs Rénov’

Pour assurer une meilleure lisibilité du dispositif, l’Anah s’appuie sur un réseau de proximité, France Rénov’, qui compte plus de 2 600 conseillers dans près de 600 espaces conseil. Ces acteurs territoriaux jouent un rôle déterminant dans l’information et l’orientation des ménages.

Le développement des « Accompagnateurs Rénov’ » vient renforcer cette logique de proximité. Au 31 mars 2025, plus de 3 700 professionnels étaient agréés, représentant 1 336 structures à l’échelle nationale. Ce maillage permet de proposer un suivi technique et administratif dans toutes les régions, y compris les zones peu couvertes auparavant.

Les dispositifs complémentaires en hausse : MaPrimeAdapt’ et Logement Décent

Au-delà de MaPrimeRénov’, l’Anah pilote plusieurs autres dispositifs ciblés. MaPrimeAdapt’, destinée à adapter les logements au vieillissement ou au handicap, a permis d’engager plus de 5 000 dossiers au premier trimestre. Les travaux concernés couvrent des aménagements spécifiques (salles de bain, accès, éclairage), avec un coût moyen d’environ 9 400 euros et une subvention publique couvrant les deux tiers du montant.

MaPrime Logement Décent, qui vise la réhabilitation des logements indignes ou dégradés, a enregistré près de 1 300 logements engagés entre janvier et mars. Cette aide, plus lourde en montant unitaire, mobilise des enveloppes importantes, avec une subvention moyenne supérieure à 22 000 euros.

Perspectives 2025 : poursuivre l’effort et adapter les outils

Le premier trimestre 2025 montre une accélération des rénovations d’ampleur, traduisant l’impact des ajustements réglementaires et des mesures incitatives mises en place début janvier. Le maintien du parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2025, y compris pour les passoires thermiques, permet une phase de transition avant l’entrée en vigueur de contraintes plus fortes en 2026.

L’Anah fixe un objectif ambitieux de 45 000 rénovations dans le cadre de MaPrimeAdapt’ pour l’année. Pour y parvenir, la dynamique actuelle devra se poursuivre, notamment sur les parcours les plus exigeants techniquement. Le renforcement de l’ingénierie locale, la simplification des démarches et la stabilité des règles seront des leviers essentiels pour maintenir la mobilisation des ménages et des professionnels du bâtiment.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.