Pétrole : plombée par les droits de douane, la Russie s’inquiète de la baisse des prix

Sur les marchés, le prix du pétrole produit en Russie s’effondre depuis plusieurs semaines. Depuis l’épisode des droits de douanes, tout s’accélère.

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Pétrole : plombée par les droits de douane, la Russie s’inquiète de la baisse des prix © L'EnerGeek

Depuis le début du conflit en Ukraine, la Russie est privée d’une partie de son économie à cause des sanctions internationales. Ainsi, l’économie de guerre est financée surtout par le pétrole. Sauf que la baisse des prix depuis l’explosion des droits de douane inquiète le Kremlin.


Le pétrole russe souffre des droits de douane


La Russie se dit préoccupée par la chute brutale du prix du pétrole, un élément central de son économie. Loin d’être anodine, cette dégringolade s’inscrit dans un contexte aggravé par les nouveaux droits de douane américains et les décisions de l’OPEP. Pour Moscou, dont le pétrole reste l’un des moteurs essentiels du financement de la guerre en Ukraine, l’alerte est désormais lancée.


Depuis deux mois, le baril de Brent glisse inexorablement, passant de 90 à environ 60 dollars. Le brut russe, la variété Oural, s’échange à peine à 50 dollars, soit son plus bas niveau depuis 2023. De plus, la Russie craint une baisse des achats de pétrole. Comprendre : moins d’acheteurs, moins de revenus, plus de difficultés à soutenir l’effort de guerre.


La dépendance est abyssale : en 2025, près d’un tiers du budget fédéral russe repose sur les hydrocarbures. Or, les recettes s’amenuisent. La baisse des cours, conjuguée à l’augmentation inattendue de la production décidée par l’OPEP, crée une tempête parfaite. Le ministère des Finances russe affirme désormais suivre la situation de très près.


Pétrole, guerre et fonds souverain : le triangle de l’asphyxie économique russe


Ce pétrole bon marché n’est pas qu’un simple chiffre boursier : il est une lame sur le nerf central de la machine de guerre russe. Sans cet argent, l’effort de guerre en Ukraine pourrait s’éroder. Autre signal : le fonds souverain russe, alimenté par l’or noir, est passé de 600 milliards de dollars en 2022 à 135 milliards aujourd’hui. Une fonte abyssale. Et si le Kremlin parvient encore à maintenir le pouvoir d’achat avec un taux de popularité toujours élevé, les marges de manœuvre s’amenuisent dangereusement. Poutine ne pourra indéfiniment soutenir l’effort militaire sans faire de concessions.


Au-delà du prix du pétrole russe, c’est toute la stratégie de Moscou qui vacille. Le pétrole, outil de pouvoir autant que de prospérité, devient son talon d’Achille. L’administration ukrainienne le sait, et l’exploite. Depuis plusieurs jours, Kiev affirme que la Russie pourrait éprouver des difficultés à maintenir le financement de son armée.

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