La France est en plein processus de révision de son ambitieux plan France 2030, initialisé en 2021 pour revitaliser l’économie post-pandémie et prendre des positions clés dans les technologies vertes. Face à des changements rapides dans le paysage technologique et industriel, notamment avec l’émergence de l’intelligence artificielle et les ajustements dans les secteurs de l’hydrogène et du solaire, le gouvernement prévoit des mises à jour d’importance pour rester compétitif et durable.
En 2021, Emmanuel Macron a alloué une somme de 54 milliards d’euros pour stimuler la reprise économique après la pandémie et appuyer des orientations industrielles claires, notamment dans le domaine des technologies vertes. Toutefois, au cours des quatre années suivantes, plusieurs événements ont conduit à reconsidérer ces choix stratégiques, partagés aussi par d’autres pays européens. « Cette révision est indispensable : depuis 2021, l’intelligence artificielle a par exemple fait irruption et s’est imposée comme technologie phare », insiste le patron d’un important investisseur public dans des propos partagés par Les Echos.
Une révision des engagements envers l’hydrogène
L’intérêt pour l’hydrogène, initialement considéré comme une alternative intéressante en comparaison aux combustibles fossiles, connaît un ralentissement. Les experts du gouvernement proposent de réduire les aides attribuées pour l’hydrogène face à des défis tels que la hausse des prix de l’énergie exacerbée par la guerre en Ukraine et une demande moins forte que prévue. Cette décision reflète une réévaluation des cas d’utilisation de l’hydrogène, surtout dans les transports où il perd du terrain face aux technologies de batteries électriques.
Cependant, l’hydrogène n’est pas totalement mis de côté. Il reste central dans la stratégie de décarbonation de certains secteurs industriels lourds comme les cimenteries et l’industrie chimique. Le gouvernement maintient un soutien ciblé pour l’hydrogène dans ces applications, soulignant une approche plus nuancée et adaptative des aides publiques.

Une adaptation dans le secteur solaire
Le secteur solaire, autre pilier du plan France 2030, est également sujet à révision. La compétitivité des usines françaises de panneaux photovoltaïques est menacée par une baisse des prix due à l’offensive des fabricants chinois. Face à cela, la France espère tirer parti du nouveau règlement européen industrie « net zéro » pour imposer un quota de production européenne, ce qui pourrait revitaliser la filière nationale.
En parallèle, l’essor des giga-usines de batteries électriques reste une priorité. Malgré les problèmes rencontrés par les premiers acteurs pour augmenter leur cadence de production, le gouvernement ajuste mais ne renonce pas à son soutien à cette technologie essentielle. Une réflexion est en cours pour potentiellement orienter les efforts vers les batteries au lithium solide, une technologie offrant plus de sécurité et d’efficacité.






